Grèce: les négociations sur la dette sont "difficiles" et pourraient durer
jeudi 02.02.2012, 17:43
Photo AFPLes négociations menées par les autorités grecques avec leurs créanciers pourraient encore prendre du temps, peut-être même des "semaines", et sont "difficiles", selon les déclarations de responsables européens jeudi.
Parallèlement aux discussions avec les créanciers privés sur l'effacement de 100 milliards d'euros de dette, le gouvernement négocie avec les créanciers institutionnels du pays (UE-BCE-FMI) l'obtention d'un deuxième prêt international de 130 milliards d'euros, dont le principe a été adopté en octobre par la zone euro en échange de mesures d'ajustement structurel de l'économie grecque.
"Les négociations sont très difficiles" et le "coût" des décisions qui seront prises "ne sera pas anodin pour le peuple", a déclaré le porte-parole du gouvernement grec Pantélis Kapsis à la télé privée Méga.
Les propos de M. Kapsis font écho à ceux tenus également jeudi par le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, lors d'une discussion avec des lycéens luxembourgeois.
"Je suis en train de négocier (...) avec le secteur bancaire privé et le gouvernement grec la participation du secteur privé au désendettement de la Grèce", a expliqué M. Juncker, ajoutant qu'il s'agissait d'une "négociation ultra-difficile".
Du côté des créanciers privés, le patron de Deutsche Bank, Josef Ackermann, a affirmé jeudi qu'un accord était "très proche", avant d'ajouter toutefois que c'était une question de "jours ou de semaines".
Plus optimiste, le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a indiqué jeudi s'attendre à un accord entre Athènes et ses créanciers privés "d'ici à la fin de la semaine".
Le temps presse: Athènes doit rembourser 14,5 milliards d'euros de prêts le 20 mars, faute de quoi le pays sera en cessation de paiements.
Mais les négociations avec le secteur privé traînent en longueur depuis près de trois semaines. Le président de l'UE, Herman Van Rompuy, avait exhorté lundi, lors du premier sommet européen de l'année, à ce que les négociations aboutissent cette semaine.
Cet accord portant sur une décote de 50% de la valeur nominale des obligations détenues par les créanciers privés (banques, caisses d'assurance ou fonds d'investissement) vise à ramener la dette souveraine grecque aux alentours de 120% du produit intérieur brut (PIB) contre plus de 160% actuellement.
M. Ackermann a estimé jeudi que les banques allaient perdre "70% ou plus" dans l'opération.
Le lobby bancaire international (IIF), dont le chef, Charles Dallara, avait eu d'intenses négociations à Athènes la semaine dernière, a lui aussi indiqué mercredi que "des progrès" dans les discussions avaient été enregistrés.
L'opération doit être réalisée via un échange d'anciennes obligations par de nouveaux titres, et un accord doit être trouvé d'ici la fin de la semaine afin que l'opération puisse aboutir début mars, selon une source européenne.
Si l'accord avec le privé ne permet de ramener la dette publique qu'à 125% du PIB, comme l'a laissé entendre le ministre français des Finances, François Baroin, alors les créanciers publics de la Grèce devront remettre au pot pour l'abaisser à 120%.
Une rallonge de 15 milliards d'euros a été évoquée. Mais le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé jeudi que les créanciers publics de la Grèce n'avaient "pas besoin" de contribuer davantage.
Les créanciers privés "ont gagné suffisamment avec les taux" élevés sur les obligations grecques, et doivent maintenant accepter des pertes, a-t-il justifié.

