Wall Street finit en baisse, déprimée par la Grèce
vendredi 10.02.2012, 22:10
Photo AFPLa Bourse de New York a terminé vendredi en baisse, déprimée par des indicateurs économiques décevants ainsi que par l'incapacité de la Grèce à mettre en oeuvre les mesures d'austérité voulues par ses créanciers: le Dow Jones a perdu 0,69% et le Nasdaq 0,80%.
Selon les définitifs à la clôture, le Dow Jones Industrial Average a cédé 89,23 points à 12.801,23 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 23,35 points, à 2.903,88 points.
L'indice élargi Standard & Poor's 500 a perdu 0,69% (-9,31 points) à 1.342,64 points.
"Wall Street a un peu le moral en berne", a résumé Hugues Johnson, de Hugues Johnson Advisors. La place new-yorkaise "cherche toujours une direction alors qu'il y a de l'incertitude", a-t-il remarqué.
En premier lieu, "les investisseurs veulent que les négociations avec la Grèce soient enfin terminées", a-t-il insisté, alors que la crise politique à Athènes a empiré avec la démission de plusieurs ministres de la coalition gouvernementale.
Ces derniers ont refusé de voter le nouveau plan de rigueur imposé par les créanciers du pays en échange d'un prêt international de 130 milliards d'euros. Jugeant insuffisant l'accord conclu jeudi entre les partis au pouvoir à Athènes, la zone euro avait décidé de reporter son feu vert à une nouvelle aide cruciale à la Grèce.
L'Eurogroupe a donné moins d'une semaine à Athènes pour répondre à plusieurs exigences, dont celle de trouver 325 millions d'euros d'économies budgétaires supplémentaires, avant d'accorder leur aide au pays.
Si la Grèce remplit les conditions posées par ses créanciers, l'Eurogroupe devrait approuver mercredi 15 février un deuxième prêt.
En outre, Wall Street "attend un réel coup de fouet qui ne viendra qu'avec des chiffres forts" révélateurs d'une accélération franche de la reprise. Or les statistiques publiées jeudi n'ont pas été dans ce sens.
Le déficit commercial a atteint en décembre son plus haut niveau depuis six mois, au-delà des attentes du marché. Et le moral des ménages baisse en février, pour la première fois en six mois, selon l'indice de l'Université de Michigan.
"Entre l'ultimatum pour le versement de l'aide (à la Grèce) et une série inattendue de statistiques mauvaises (...), le marché est resté en baisse de l'ouverture à la clôture", a résumé Andrea Kramer de Schaeffer Investment Research.
Du côté des valeurs, le réseau social pour professionnel sur internet LinkedIn s'est envolé de 17,76%, à 89,96 dollars, après avoir publié un chiffre d'affaire trimestriel doublé sur un an.
Le géant Google a cédé de son côté 0,91% à 605,91 dollars. Selon le Wall Street Journal, le groupe internet prépare un appareil de salon fonctionnant avec son système d'exploitation Android qui sera en mesure de diffuser de la musique trouvée sur un internet en streaming (en flux sans téléchargement).
Yahoo! a progressé de 0,87% à 16,14 dollars, porté par les informations de presse sur l'intention du géant chinois du commerce en ligne Alibaba d'emprunter trois milliards de dollars pour racheter ses parts détenues par Yahoo!
Apple a continué à battre des records de valorisation, flirtant toute la séance avec les 500 dollars pour finalement finir en hausse de 0,05%, à 493,42 dollars. Le marché bruisse de rumeurs annonçant le lancement d'une troisième version très réussie de la tablette iPad, le mois prochain.
De son côté, le site Internet de voyages Expedia a abandonné 1,81% à 33,54 dollars, plombé par des résultats ressortis en deçà des attentes.
Toutes les valeurs du Dow Jones ont fini dans le rouge, à l'exception d'Home Depot (+0,13% à 45,33 dollars).
Dans l'énergie, le fabriquant de panneaux solaires First Solar a chuté de 10,43% (43,91 dollars) aors qu'un retard de financement gouvernemental menaçait une cession au groupe Exelon.
Le marché obligataire a fini en hausse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a reculé à 1,969% contre 2,047% jeudi soir et celui à 30 ans, à 3,122% contre 3,189% la veille.

