EDITO
2012 : la porte étroite
lundi 21.11.2011, 09:58
Jean-Michel BRETONNIER - Rédacteur en chef
C'est sans doute avec une certaine gourmandise que les pays émergents prêtent aujourd'hui de l'argent aux pays «riches », et leur dispensent des conseils.
Cest le Fonds Monétaire International qui leur dit alors ce quil fallait faire, avec ce ton diplomatique si courtois qui cache mal la suffisance des puissants vis-à-vis des plus faibles. Ce quil fallait faire, ce sont des efforts. Assainir les comptes, contenir les dépenses publiques, modérer les salaires, innover, travailler plus.
Ils lont si bien fait quils sont en train de bouleverser la hiérarchie économique mondiale. On les appelle «émergents »depuis tellement longtemps quon ne sétait pas aperçusquils avaient émergé, ces anciens pays du Tiers-Monde. Et les pays riches que nous étions, le sont devenus aujourdhui surtout de leurs dettes.
La vieille Europe nest pas la jeune Asie. Nous disposons en général dun niveau de vie élevé, de conditions de travail enviables, dune excellente protection sociale. Il nest pas question de renoncer àcequi aété acquis par le travail et le talent des générations précédentes et de la nôtre.
Mais il va falloir trouver le moyen daméliorer notre compétitivité. Sinon, nous ne conserverons pas ce niveau de vie, ces conditions de travail, cette protection sociale. Or, cette compétitivité se dégrade, en France notamment, de façon alarmante. La désindustrialisation ne désarme pas. Notre déficit commercial atteint des records, et notre endettement aussi.
La conjonction de fortes dettes et dune croissance molle est le casse-tête quaura à résoudre le président de la République que les Français se choisiront au printemps. Il faut réduireles dépenses pour diminuer lendettement, au risque de freiner une déjà faible croissance.Mais relancer àtout va en distribuant du pouvoir dachat profitera surtout à
limportation, tant que notre production nationaledebiens et de services naura pas retrouvé un niveau satisfaisant.
La porteest donc étroite. On sait quand même que notre économie adeux moteurs principaux :les entreprises et leurs salariés dune part, linnovation dautre part. Il faut donner aux premières les armes pour se battre dans une compétition mondiale sans merci. Ne pas les accabler de charges, taxer le capital davantage que le travail, favoriser linitiative individuelle, faciliter la formation permanente. Il faut donner àladeuxième les moyens dont elle abesoin, notamment en modernisant les instruments de la formation initiale :lécole et luniversité.
Comme tousles ans, avec cette publication, et grâce àungrand nombre dacteurs régionaux, nous participons àcette oeuvre en révélant àelle-même léconomie du Nord - Pas-de-Calais.

