HEURINGHEM
Aurélie Bridault se projette à la tête de l'élevage de plus de quatre mille porcs
lundi 12.12.2011, 05:22
Agricultrice depuis 2007, Aurélie Bridault a monté un projet d'élevage, actuellement soumis à enquête publique (notre édition du 8décembre).À 27 ans, Aurélie Bridault, agricultrice, bûche depuis trois ans sur ce projet : délocaliser son élevage, rue de l'Église, dans une pâture isolée et passer d'une centaine de truies à plus de quatre mille bêtes.
Les truies grognent, s'agitent, se bousculent dans l'enclos. Aurélie Bridault tend la main, leur parle doucement, incroyablement à l'aise parmi les impressionnants mammifères. Cent dix truies composent actuellement l'élevage, situé rue de l'Église. Avec son compagnon Olivier Chevalier, Aurélie Bridault a pris la suite de ses beaux-parents. Originaire de Wardrecques, elle s'est lancée auparavant dans des études agricoles. Elle a su très tôt qu'elle voulait travailler au contact d'animaux. Ce sera les cochons.
Avec l'arrivée de la mise aux normes bien-être 2013 pour les truies, Aurélie Bridault devait revoir les dimensions de son élevage. Impossible néanmoins de s'agrandir en plein coeur du village. Il fallait que les nouveaux bâtiments soient au moins à cent mètres de la première habitation. « On a choisi de les mettre à plus de 400 m de la première habitation et à plus de 900 m dans les vents dominants. » Au sujet de l'envergure de l'exploitation, environ quatre mille cinq cents têtes, Aurélie Bridault argumente : « Quand un camion vient chercher des cochons, il préfère repartir plein qu'à moitié plein. Il faut un élevage viable. Les élevages de l'avenir, ce sont ceux-là. » Pour l'épandage, trois agriculteurs ont mis à disposition leurs parcelles. Là encore, Aurélie Bridault détaille : « On a fait des études hydrogéologiques. On a pris en compte les pentes, les habitations, les zones Natura 2000, etc. » La jeune femme a ficelé le projet avec la chambre d'agriculture. « Je pense que j'ai mis tous les atouts de mon côté pour embêter le moins possible le monde. » Elle ne considère pas son élevage comme industriel, mais familial. Et précise : « Ce ne sera pas intégralement sur caillebottis. Les truies gestantes seront sur paille pour une question de confort. (...) Moi je fais ça par passion.
Quand je suis avec mes truies. Pour moi, c'est mes petits bébés. » Elle leur rend visite quotidiennement, passe du temps au sein même de l'enclos. Inséminations, mises bas, soins aux porcelets, Aurélie Bridault suit toutes les étapes. Une fois engraissés, les porcs finissent à l'abattoir. « Ça, faut pas y penser », glisse-t-elle, heureuse de se lever le matin pour aller travailler. Cet élevage dont le dossier est soumis à enquête publique jusqu'au 28 décembre, « c'est trois ans d'études, de réflexion... » Le projet d'une vie. La construction des hangars agricoles devrait intervenir fin 2012.

