LAIT
« Les rayons des magasins vont se vider : il n'y aura plus de yaourts, de lait... »
jeudi 27.08.2009, 04:42Cinq questions à Isabelle Dubois, productrice à Bonningues-lès-Ardres, déléguée départementale APLI.
> La grève du lait est-elle inéluctable ?
« C'est la seule solution efficace pour nous faire entendre. Et puis c'est un moyen de pression légal. Certes, on ne peut pas jeter le lait dans les fossés, mais dans nos fosses, avec les effluents d'élévage, il n'y a pas de problème. Et puis on sait que la grève marche. En janvier 2008, les industriels ont fait quatre jours de grève et ont obtenu une augmentation des tarifs de 15 %. »
> Dans quelle proportion les producteurs vont-ils suivre l'appel à la grève ?
« On ne le sait pas exactement. Nous, avec les retours que l'on a de la campagne, on sait que c'est le moment de lancer le mouvement. L'ampleur, on la verra après. On parle de 50 % des producteurs qui seraient prêts à se lancer. Et puis c'est un mouvement européen, qui concerne quatorze pays : France, Allemagne, Belgique, Italie, République tchèque, Autriche... »
> Combien de temps peut durer ce mouvement ?
« Huit jours, quinze jours... On l'arrêtera quand on aura obtenu ce qu'on veut : un prix d'urgence de 400 E les 1 000 litres et un changement du système. »
> Ne craignez-vous pas que la grève soit fatale à certains de vos collègues ?
« Aujourd'hui, ce qui nous fait peur, c'est de perdre des collègues à cause de l'accord des 280 E. Après, chacun prend ses responsabilités. Mais on a vite fait de rentabiliser une grève. »
> Quels effets pour les consommateurs ?
« Les rayons des magasins vont se vider : il n'y aura plus de yaourts, de lait en brique... Plus les rayons se videront vite, plus nous aurons de poids pour négocier. » PROPOS

