APRÈS-MINE
Près de 3 000 pieds de vigne plantés l'an prochain sur le terril d'Haillicourt
mardi 29.12.2009, 08:01Le terril conique d'Haillicourt, près de Béthune, est en passe d'accueillir l'an prochain quelque 3 000 pieds de vigne sur l'un de ses versants. 7 500 en tout dans un deuxième temps. Un projet un peu fou qui fera du site le tout premier terril viticole de France.
Né à l'ombre du terril du 3 de Bruay-la-Buissière, Olivier Pucek a rallié il y a une vingtaine d'années le pays charentais où il assouvit aujourd'hui sa passion du vin en marge de son poste de directeur de cabinet du Département.
Il y a un peu plus d'un an, au gré d'un retour en sol mineur, ce quadra resté attaché à ses racines, sollicite le député-maire de Labuissière pour lui glisser une idée originale dans le tuyau de l'oreille : faire du terril conique voisin d'Haillicourt le tout premier terril viticole du pays.
« Je connais bien Serge Janquin et j'ai naturellement eu vent de son projet de jardin botanique de 200 hectares , raconte Olivier Pucek. C'est ainsi que je lui ai soumis mon idée : planter de la vigne sur une parcelle d'un hectare à mi-pente sur le terril du 2-bis. Une première en France ! » À vue de nez, la nature schisteuse du sol, sa température et son orientation sud - sud-ouest pourront permettre au Chardonnay, cépage adapté au climat septentrional, de s'épanouir sur ce coteau pas banal. Le projet est d'ores et déjà bien avancé. « La plantation pourrait d'abord intervenir au mois de novembre sur 33 ares, poursuit-il. Nous allons collaborer avec Henri Jammet, un viticulteur renommé de Saint-Sornin qui assurera un suivi professionnel et permanent du dossier. C'est un des engagements que nous avons pris devant l'EPF, très intéressé par ce projet de requalification. Le réchauffement climatique aidant, je suis persuadé que l'on peut faire de très belles choses dans le Nord - Pas-de-Calais. »
« C'est un superbe projet qui va aider à changer l'image d'Haillicourt, renchérit le maire Gérard Foucault. On va mobiliser des gens en chantiers d'insertion pour l'entretien et la taille de la vigne. Un référent va être formé et on aimerait installer un chai dans un logement Soginorpa. À terme, ce projet et le jardin botanique, ça sera pas loin d'une centaine d'emplois... » Même si le fruit de la première récolte attendue pour septembre 2013 ne représentera qu'une goutte d'eau à l'échelle de la production viticole hexagonale, cette « cuvée du terril » viendra enrichir la palette des saveurs du terroir local. C'est du moins ce qu'en attend l'intéressé. « Il ne s'agit pas de faire un vin de copains mais bien de proposer un blanc de qualité au grand public. Nous tablons sur une production annuelle de 1 000 litres, ce qui est tout à fait compatible avec une perspective de commercialisation du produit. » Coûts d'investissement, de fonctionnement, partage de la production et des recettes éventuelles, la règle du « deux-tiers/un-tiers » prévaudra entre la future SARL qui chapeautera la production et la commune-hôte dirigée par Gérard Foucault.
Une convention de partenariat sera signée en janvier entre les porteurs du projet et l'EPF, et une autorisation d'exploitation à titre expérimental a été déposée. Quant à l'annonce faite par l'association écologiste Robins des bois d'une présence supposée de cendres résiduelles radioactives du 2-bis jusqu'aux Glachoires (notre édition du 31 octobre), elle aura tout au plus conduit Olivier Pucek à solliciter une analyse de sol complémentaire. Histoire de savoir où la vigne mettra les pieds.


