ESQUELBECQ
Chez Ammeux, la pomme de terre est à la fête... toute l'année
dimanche 28.08.2011, 05:10
L'entreprise Ammeux vend ses pommes de terre sur le marché français, à 95 40. PHOTO « LA VOIX »Esquelbecq n'a pas attendu la Patate feest pour unir sa renommée à celle de la pomme de terre. En plus des nombreux agriculteurs locaux qui cultivent le précieux tubercule, deux entreprises, installées dans le quartier de la gare, conditionnent et commercialisent la patate, contribuant au dynamisme économique de la commune. Reportage chez Ammeux.
« Lundi, annabelle, mardi, amandine, mercredi, chérie », remplace désormais, dans les palais des consommateurs, le traditionnel et monotone « lundi, des patates, mardi, des patates ». Si la pomme de terre « a toujours cette image de produit alimentaire de base, et pas cher », ce qui lui a permis de résister à la crise économique de 2008, elle s'est aussi invitée à la table des grands restaurants et dans les livres de recettes élaborées. « La segmentation sur ce marché est beaucoup plus forte aujourd'hui », confirme Pierre Ammeux, le directeur général de l'entreprise du même nom.
Variétés nouvelles
Autrefois diversifiée dans le teillage du lin et le commerce de céréales, d'engrais et d'aliments pour le bétail, la société se consacre, depuis 2004, au conditionnement et à la commercialisation de la pomme de terre exclusivement. Ou plutôt aux pommes de terre, puisqu'Ammeux France exhibe un catalogue de 1 200 références, d'une trentaine de variétés différentes. Trois fois plus qu'il y a quinze ans. « Ce ne sont quasiment que des nouvelles variétés », souvent issues de croisements entre variétés anciennes, explique Pierre Ammeux. Elle répondent ainsi à plusieurs critères : aspect plus joli, meilleure conservation, productivité pour l'agriculteur. « La tendance est de revenir à des variétés qui ont plus de goût, et plus durables, c'est-à-dire par exemple moins gourmandes en eau », se réjouit-il, « bien qu'il n'existe pas de variété idéale ».
L'entreprise Ammeux doit son rythme actuel à la samba, « grâce à laquelle on a fondé notre réputation au niveau national », précise Pierre Ammeux. 15 000 tonnes sont commercialisées chaque année depuis les entrepôts esquelbecquois, soit 25 % de la production totale de l'entreprise, qui fournit grossistes, centrales d'achat et groupements de restauration. « On répond aussi bien à des commandes de 100 kg que de 50 tonnes », poursuit Pierre Ammeux. Les clients sont livrés dans toute la France le jour-même, au plus tard le lendemain. Alors qu'à une époque, la marchandise partait par la voie ferrée toute proche, « on a délaissé le train au profit du camion, à cause des délais trop longs ».
L'entreprise mise sur sa réactivité. Depuis son rachat par la société belge Muyshondt en 2006, de nombreux investissements ont été réalisés : lignes de lavage automatisées, suivi des caisses de pommes de terre par puces électroniques... Ce qui a permis d'augmenter le tonnage, sans augmenter l'effectif.
Trois patates sur quatre traitées chez Ammeux ont poussé dans le Nord - Pas-de-Calais. Le reste vient essentiellement de Beauce et de Picardie. Mais 2011 a été trop fertile et « s'annonce comme une année catastrophique, prédit Pierre Ammeux. L'excellent rendement a fait baisser les prix à 60 E la tonne, contre 200-250 E la tonne en moyenne les autres années. Il y a risque de surproduction. Tout le monde va baisser les prix pour chercher à vendre. »
L'entreprise Ammeux vendra aujourd'hui, à l'occasion de la Patate feest, les variétés suivantes : ratte, annabelle, amandine, sirco, samba et chérie. C'est le seul moment dans l'année où elle pratique la vente au détail.

