Des agriculteurs de mieux en mieux formés
mercredi 28.09.2011, 05:13
À l'institut de Genech, on recense de plus en plus de jeunes qui ne sont pas issus du monde agricole. PHOTO ARCHIVES PHILIPPE PAUCHETMalgré les difficultés de la profession, les jeunes continuent de créer ou de reprendre des exploitations agricoles. Selon Stéphane Bailliet, directeur du centre de formation de Genech, on recenserait environ 120 créations par an dans la région. Résultat : 23 % des responsables d'exploitation ont moins de 40 ans, soit quatre points au-dessus de la moyenne nationale.
« Les Jeunes Agriculteurs, en partenariat avec les institutionnels et les centres de formation, ont rénové le parcours à l'installation », analyse Stéphane Bailliet. Diagnostic avant l'installation, mise en place de formations spécifiques, soutien au montage de dossiers... En 2009, année du lancement de ces « plans de professionnalisation personnalisés », ce dispositif seul a permis la création de 71 entreprises agricoles.
Des nouveaux professionnels dont la sociologie se modifie. Plus de femmes d'abord, mais aussi davantage de jeunes non issus du milieu agricole : « Dans certaines filières comme l'élevage équin ou le maraîchage, on a 90 % de jeunes qui ne reprennent pas l'exploitation de papa ou maman », avance Stéphane Bailliet. Et même dans le cas des cultures plus « traditionnelles », les pratiques évoluent : diversification (11 % des exploitations), contrats directement négociés avec les industries agroalimentaires, vente directe (19 % des fermes commercialisent des produits par circuit court), gîtes ruraux...
« Chefs d'entreprise »
Le métier change et la formation des jeunes agriculteurs est de plus en plus poussée. Selon l'enquête du recensement agricole, parmi la tranche d'âge des moins de 40 ans, un tiers a un niveau BTS ou un diplôme supérieur. Formations à la fabrication des produits laitiers, aux énergies renouvelables, à la création de plaquettes de communication, aux textes de lois sur les normes sanitaires, etc. « Depuis quinze ans, on a une montée en qualification, souligne le directeur de Genech Formation. On fait d'eux des chefs d'entreprise. Avant, le BSP, "bon sens paysan", suffisait, maintenant, il faut un peu plus pour comprendre la marche du monde. »

