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Agriculture

LE PORTRAIT DU DIMANCHE

Thierry Maillard, 35 ans, producteur de lait, raconte son métier

dimanche 06.05.2012, 05:02
Thierry Maillard, 35 ans, producteur de lait, raconte son métier Thierry Maillard, 35 ans, producteur de lait à Équihen, associé avec sa mère dans un GAEC. PHOTO « LA VOIX »

On a beaucoup parlé des producteurs de lait lors de la crise de 2009. Ils avaient fait grève pour alerter l'opinion publique sur ce qu'ils vivaient. Thierry Maillard d'Équihen était de ceux-là. Deux ans après, quelle est sa situation ? Nous sommes allés le voir pour qu'il nous parle de son quotidien d'exploitant agricole. Et qu'il nous confie ses doutes et ses espoirs pour l'avenir de son métier.

Thierry Maillard attend le beau temps. Un peu comme tout le monde en ce début mai. Pas pour aller à la plage, à 500 m à vol d'oiseau de sa ferme d'Équihen (4e génération, rue des Courtilles), mais pour aller semer du maïs. « On est tributaire de la météo, on attend, et une fois que le soleil est là, c'est la course. Ici, on n'est jamais sûr que ça dure. » Alors il ne comptera pas ses heures, entre les champs à cultiver, les bêtes à nourrir et, entre deux, toute la paperasse à s'occuper.

Thierry Maillard a la chance de pouvoir compter sur l'aide de ses parents. Marie-Françoise, sa mère, l'aide pour la traite des 45 vaches deux fois par jour, à 7 h 15 et 18 h. « Dimanche, fêtes et jours fériés compris », précise la maman pour bien montrer que ce métier n'accorde aucun répit. Jean-Marie, son père, bien que retraité, continue de l'aider aux champs « 40 ha de céréales, blé et orge » et pour toutes les tâches annexes.

Le jeune agriculteur n'a pas oublié la crise du lait en 2009. Il a fait la grève, bien que son syndicat, l'ADPL (Association des producteurs de lait du Pas-de-Calais proche de la FDSEA), n'était pas chaud pour se mêler à la lutte menée par l'APLI (Association des producteurs de lait indépendants). Mais la situation était grave. « On avait les pires difficultés à se tirer un salaire, se souvient-il. Les 1000 litres de lait se vendaient 290 €. On ne s'en sortait pas. » Aujourd'hui, ça va mieux, Sodial (Yoplait, Candia...), la coopérative à laquelle il vend sa production (400 000 litres par an), lui paye 330 € les mille litres. « Au final, charges déduites, ce qui me revient, c'est bien moins de 100 € par jour. » Car derrière, il faut payer les aliments des bêtes, les emprunts contractés pour la mise aux normes de la ferme en 2003 pour limiter l'impact des nitrates sur l'environnement « un prêt de 100 000 € ».

Pour le matériel, il peut compter sur celui de la CUMA (prêt de matériel entre agriculteurs) du mont Violette. L'agriculteur ne se plaint pas. En succédant à ses parents, il a récupéré un actif et une trésorerie. Ce n'est pas comme celui qui démarre et doit s'endetter jusqu'au cou. Les bons mois, il parvient à se verser un salaire de 1500 €.

Pour autant, sans les aides européennes de la PAC, Thierry Maillard, célibataire sans enfant, ne survivrait pas. « Les primes de la PAC, ce sont des aides compensatoires pour vivre décemment de notre travail. Et c'est la garantie de pouvoir continuer à nourrir la population en qualité, en quantité et à des prix modestes. » Nourrir les gens, la raison d'être, avant tout, de l'agriculture.

Ces aides européennes sont conditionnées par d'inopinés et drastiques contrôles « qui sont comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes . On doit avoir une traçabilité de tous les médicaments pris par chaque animal au cours des 3 dernières années. On note tout. Pareil pour l'emploi des produits phytosanitaires. Au moindre doute, on nous coupe des aides. »

Ce serait alors le fragile équilibre économique de l'exploitation qui se mettrait à chanceler dangereusement. •

PAR ROMAIN DOUCHIN

La Voix du Nord
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