PECHE
Les artisans pêcheurs appellent à un nouveau blocus dès ce matin
mardi 27.05.2008, 05:08Les marins pêcheurs réunis hier à Boulogne-sur-Mer ont décidé un blocage des ports de 48 heures à partir de ce matin. Ils lancent également un appel à un blocus des ports européens.
Avis de tempête et fort remous à prévoir, voilà le bulletin de la météo sociale des pêcheurs. Hier, une réunion rassemblant à Boulogne-sur-Mer des délégations de plusieurs ports français (moins la façade atlantique) a été plutôt houleuse. La majorité de la cinquantaine de pêcheurs présents s'est montrée favorable à une poursuite du mouvement et a appelé à un nouveau blocage des ports de 48 heures à partir de ce matin.
Les représentants de la flottille étaploise ont préféré défendre une reprise du travail. Mais leur base, réunie en assemblée générale en soirée a voté la poursuite de la grève à une très large majorité, désavouant donc les représentants. Les chalutiers étaplois étaient pourtant prêts à repartir en mer dimanche mais leur bassin à Boulogne-sur-Mer a été bloqué par les fileyeurs.
Bisbilles syndicales
Hier, les divergences entre ces deux composantes de la pêche artisanale ont donc éclaté au grand jour. Avec d'abord une différence de métier entre les chalutiers étaplois, plus concernés par le prix du gasoil que par les quotas et la pêche côtière des fileyeurs dont l'ordre des soucis est inverse. Les premiers ont donc été plutôt satisfaits des mesures d'aides pour diminuer le coût du carburant annoncées par le gouvernement. En revanche, les fileyeurs aimeraient poursuivre le mouvement jusqu'à la renégociation des quotas prévue le 23 juin à Bruxelles.
Et puis, il y a aussi en filigrane une guerre syndicale. Les fileyeurs sont rangés sous la bannière de la CFDT et les Étaplois sont très majoritairement à la CFTC. Or des élections professionnelles auront lieu l'an prochain. À cette occasion, la CFDT espère bien changer le rapport de forces en sa faveur. Et le vote des marins étaplois hier soir va dans son sens.
Reste qu'au-delà des bisbilles syndicales, les problèmes des pêcheurs sont bien réels. Toutes les délégations ont été d'accord sur les revendications. Elles réclament surtout un prix du gasoil de 40 centimes à la pompe et des quotas suffisants pour la survie des entreprises. Quotas et gasoil, deux mots qui pourraient être le dénominateur commun d'une action à l'échelle européenne (lire ci-dessous). Selon Stéphane Pinto, fileyeur CFDT, Italiens, Espagnols et Portugais sont les plus réceptifs mais il indique avoir des contacts intéressés des Belges, Irlandais et Britanniques. Hier, les délégués ont lancé un appel à un blocus des ports européens. Seront-ils entendus ?


