PÊCHE
Boulogne : la Région apporte son soutien financier à Euronor et à la flottille artisanale
mardi 09.02.2010, 05:03La crise de la pêche n'épargne personne, pas même les entreprises réputées les plus solides. Euronor (née de la fusion des armements Le Garrec et Leduc), leader sur la pêche des espèces de grand fond pourtant pas soumises à quotas, a besoin de l'aide financière de la Région, laquelle va soutenir aussi la pêche artisanale.
L'aide à Euronor va se faire sous la forme d'une avance remboursable d'1,2 millions d'euros. « C'est un coup de pouce afin de faire face à un certain nombre de défis », commente Antoine Le Garrec, attaché de direction d'Euronor.
L'annonce de ce soutien a été faite hier matin au comité local des pêches, par Daniel Percheron, président de la Région. « Ce qui se passe à Total Dunkerque (fermeture de la raffinerie) met en péril des centaines d'emplois, mais ce qui se joue ici à Boulogne est d'une ampleur comparable, explique Daniel Percheron. La pêche ici est l'affaire d'un très grand port et nous devons tenir les deux bouts de la chaîne : transformer le poisson et encaisser la valeur ajoutée et continuer à pêcher malgré l'Europe qui pèse de tout son poids. La pêche doit prendre le virage de l'aquaculture sur une génération mais a besoin pour cela qu'on la soutienne maintenant. Euronor fait face à des difficultés structurelles, c'est pourquoi la commission permanente de la Région vient de voter à l'unanimité cette aide mais aussi une enveloppe de 500 000 E pour les chalutiers étaplois et fileyeurs à travers le fonds régional de garantie de prêt Oséo. La Région doit vivre en connivence avec ses pêcheurs, c'est pourquoi nous allons aussi mettre en place de façon trimestrielle une conférence régionale permanente. La pêche doit être traitée comme l'agriculture. »
Patrice Leduc, dirigeant d'Euronor, juge « important de voir la Région se mobiliser à travers une délibération unanime. ».
L'aquaculture, voie d'avenir ?
Un avis partagé par Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité national des pêches, pour qui il est important d'avoir aux côtés des pêcheurs « une Région forte ». « Un jour viendra où l'économie de marché rencontrera les investissements », reprend confiant le président Percheron. Peut-être grâce à l'aquaculture. Les pêcheurs n'y semble plus réfractaires... « Pourquoi pas ?, indique Éric Gosselin, directeur de la CME. Il faut se garder la possibilité d'aller vers d'autres revenus. » Pour Thierry Missonnier, c'est une voie inéluctable. « La demande mondiale de consommation de poissons est supérieure à l'offre. Aujourd'hui, un poisson sur deux vient de l'aquaculture. »

