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Quotas pour la sole : « À Dunkerque, on peut se sentir satisfaits », estime le président du Comité local des pêches
jeudi 16.12.2010, 05:08
Philippe Nowé, patron du «Rambo-II», indique le lieu trop proche des côtes où les deux chalutiers néerlandais ont été arraisonnés.« À Dunkerque, on peut se sentir satisfaits », estimait hier midi Philippe Nowé, président du Comité local des pêches, après avoir pris connaissance des décisions de la Commission européenne à propos des quotas de pêche à la sole. Ses informations, fraîches de quelques heures, provenaient du président du Comité national des pêches, présent aux discussions à Bruxelles.
« Satisfaits » car dans la zone 4 C, au large de Dunkerque, « on reste en l'état » avec environ 200 tonnes. Pour la zone 7 D, au large de Boulogne-sur-Mer, on enregistre « une augmentation de 10 % » par rapport aux quelque 1 900 tonnes de cette année. Un regret néanmoins : « On aurait aussi voulu une augmentation dans la 4 C. » « La sole, ici, c'est 80 % du chiffre d'affaires », complétait Philippe Nowé pour montrer l'importance de ce poisson. On le pêche tout au long de l'année avec trois mois propices, de février à avril, « période de passage ». Partis au coeur de la nuit, ses quatre hommes d'équipage et lui revenaient hier matin « avec 100 kilos » de soles : un beau résultat.
Le prix moyen auquel les pêcheurs ont vendu leurs prises tout au long de l'année atteint, selon lui, « plus de 11 E », ce qui là encore satisfaisait le patron du Rambo-II. Ce bateau de 15 mètres, l'un des 19 présents à Dunkerque, dispose d'un quota annuel de 35 tonnes de soles.
« Les pillards de la mer »
L'année 2010 marquée par la présence de la « ressource » tranche avec les exercices précédents quand les pêcheurs devaient cesser de travailler, une fois leurs quotas atteints. « L'an dernier, on était restés trois mois à quai », rappelait-il.
Il existe cependant quelques ombres au tableau : « Pour le cabillaud, le quota a baissé de 20 % » même si, au départ, « la Commission européenne préconisait une baisse de 48 % ».
Surtout, il critiquait le comportement des Néerlandais. Ces « pillards de la mer » ratissent des secteurs proches des côtes qui leur sont interdits et « avec des filets au maillage 80 ». « Nos filets, eux, sont au maillage 90 », exposait-il, c'est-à-dire qu'une fois étirée, la maille en forme de losange mesure 9 centimètres de long. Elle laisse aux petits poissons la chance de n'être pas capturés.
Philippe Nowé citait l'exemple du Deo-Volente et du Cornelia-Adriana, deux chalutiers néerlandais arraisonnés mardi après-midi à seulement 5,5 milles (environ 10 kilomètres) de Dunkerque (La Voix d'hier).
À bord du Deo-Volente : environ 450 soles, 700 carrelets et 100 merlans ainsi qu'une centaine de kilos de poissons divers. À bord du Cornelia-Adriana : 620 soles, 1,5 tonne de carrelets, 60 kilos de cabillauds, 90 kilos de tacots et 300 merlans. Valeur totale de la marchandise : environ 15 000 E.
Philippe Nowé se félicitait de cette interception et rendait hommage « aux moyens de l'État » entrés en action : CROSS Gris-Nez, gendarmerie maritime, Affaires maritimes. Il exprimait un espoir : que la justice inflige « une amende exemplaire » aux contrevenants. L. L.


