COMMERCE
Huit mois après le cyclone, la banane des Antilles revient à Dunkerque
mardi 08.04.2008, 05:33Courage et persévérance : voilà les deux qualités qu'il aura fallu aux producteurs de bananes de Martinique pour éviter la ruine totale après le passage du cyclone Dean, le 17 août 2007.
Sept mille hectares et 14 millions de pieds par terre, soit 100 % de la production anéantie. Du côté de la petite île des Antilles, où la banane est considérée comme « l'or jaune », car source de plus de 10 000 emplois, le cyclone Dean a engendré une véritable catastrophe économique.
Dès le lendemain du sinistre, pourtant, les planteurs se sont remis au travail. Résultat, huit mois plus tard, la grande partie des récoltes a été remise sur pied et le premier bateau chargé à plein à Fort-de-France arrive aujourd'hui au port de Dunkerque pour inonder le marché français
150 000 tonnes
« Les planteurs martiniquais ont su réagir très vite pour repartir sur de nouvelles bases. L'ensemble de la profession a remis en cause ses pratiques et d'importants investissements ont été réalisés », résume Philippe Ruelle, directeur général de l'Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe (50 % de la production détruite) et de Martinique, qui rassemble plus de sept cents producteurs des deux îles.
Plus concrètement, et grâce aux aides accordées pour surmonter l'absence de récoltes, 1,5 millions ont été investis dans la modernisation des exploitations sept autres ont été injectés dans la formation, au profit des salariés mis au chômage technique après la catastrophe (soit 340 000 heures dispensées). « Tous ces salariés ont aujour-d'hui retrouvé leur travail », souligne Charles Rimbaud, l'un des plus gros producteurs de bananes de Martinique. « Surtout, les planteurs ont eu recours à de nouvelles pratiques culturales plus soucieuses de l'environnement », enchaîne Philippe Ruelle (lire ci-dessous).
Tous ces efforts finiront-ils par porter leurs fruits ? Seule certitude : un premier bateau parti le vendredi 28 mars de Fort-de-France arrive aujourd'hui au port de Dunkerque avec 4 800 tonnes de bananes. Un deuxième, parti vendredi soir, suivra ce week-end avec 5 600 tonnes, puis un autre débarquera toutes les semaines. Destinations finales : les mûrisseries d'abord, les étals ensuite, le panier des consommateurs enfin. Pour cette année, 150 000 tonnes de bananes sont ainsi attendues, contre 270 000 en 2006, « mais nous devrions revenir à notre rythme de croisière vers fin 2009 », conclut Philippe Ruelle.
