Lesaffre et Téréos dans le futur bioéthanol
dimanche 02.11.2008, 10:03Le projet Futurol a officiellement vu le jour en septembre, à Paris. D'un montant de 74 millions d'euros, il doit permettre la commercialisation d'un bioéthanol de deuxième génération, moins gourmand au plan agricole, à l'horizon 2015. Deux grandes entreprises nordistes font partie de l'aventure.
PAR JEAN-FRANÇOIS SOLERI
economie@lavoixdunord.fr
L'éthanol a été fortement décrié. On lui a imputé la faim dans le monde, la monoculture intensive, la hausse du prix des matières premières. On lui a donc reproché de faire pire que mieux.
Alors que le transport représente 50 % de la consommation de pétrole, le bioéthanol de deuxième génération doit permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance aux énergies fossiles, sachant qu'il faut encore aujourd'hui dépenser un litre de pétrole pour produire un litre d'éthanol.
« Bon espoir »
Le projet Futurol sera porté par une dizaine de partenaires, dont Lesaffre, leader mondial de la levure de panification (Marcq-en-Baroeul) et Téréos, leader dans les sucreries (Lille).
La première phase du projet, le pilote, démarre cet automne sur le site de Pomacle, dans la Marne. Objectif : produire cinq cents litres d'éthanol par jour. L'étape suivante, le prototype, sera installée sur un site industriel du groupe sucrier Téréos et devra permettre de produire vingt fois plus, soit dix mille litres par jour. « La cinquième année du projet sera consacrée à l'évaluation. Le site que nous choisirons dépendra donc des résultats obtenus » , explique Bernard Chaud, directeur des
projets chez Téréos.
Quant à Lesaffre, « plus présent que Coca-Cola dans le monde », selon Jean-Luc Simon, directeur recherche et développement, il apporte son expertise dans un domaine fondamental. En effet, sans levure, pas d'éthanol.
Lesaffre, comme les autres partenaires, est actionnaire du nouvel ensemble et touchera donc des royalties en cas de vente de licences à l'horizon 2015. « On a négocié en plus un droit de premier refus », commente Jean-Luc Simon. En clair, si le projet est couronné de succès, les producteurs devront nécessairement faire appel à Lesaffre pour sa levure, ce dernier se préservant le droit de refuser.
Au stade industriel, cinq cent mille litres devront sortir des cuves chaque jour. « J'ai bon espoir. En tout cas, la probabilité de succès est suffisamment forte pour qu'on investisse quatre millions d'euros », conclut Jean-Luc Simon. t




