ENTREPRISE
Avec TB Fours, IBT-Tibiletti renaît de ses cendres
mardi 02.02.2010, 05:05En juin dernier, l'entreprise de production de fours de boulangerie IBT-Tibiletti disparaissait après des années d'agonie. Le point final d'une aventure industrielle mouvementée ? Non, car une nouvelle société, TB Fours, s'apprête à reprendre le flambeau. Mais là encore la genèse n'a pas été de tout repos.
Rarement, une entreprise n'aura autant eu la poisse. Placée en redressement judiciaire suite à plusieurs changements de direction, puis liquidée en octobre 2006, IBT-Tibiletti avait été sauvée in extremis en appel mais au prix d'un plan d'apurement de dettes colossal. Trop lourd pour relancer la machine. Épuisée, sans espoir de reprise, elle a été liquidée pour de bon en juin dernier, ses 70 salariés se retrouvant au chômage. « Ça a été dur. Certains étaient soulagés, ce que je comprends car on avait l'impression de se battre contre des moulins. D'autres étaient dépités, ne s'attendaient pas à ça », rapporte Servanne Stiens-Lefévère, directrice du site.
Fin de l'histoire ? Pas tout à fait. Car la jeune femme et un autre ex-collègue, Guillaume Delaye, décident de donner suite. « Je ne savais pas trop s'il fallait y aller ou pas. J'avais peut-être intérêt à trouver autre chose. » Mais sept ans passés à IBT, avoir connu les hauts et les bas aux côtés des salariés et de Gilbert Thomas l'ancien patron pour la faire vivre, ont laissé des traces. « Je voulais qu'il y ait de l'avenir pour un minimum de personnes, surtout les ouvriers parce que c'est dur de trouver du boulot dans ce domaine aujourd'hui. » Et aussi parce qu'IBT a un réel potentiel dont il n'a jamais vraiment pu tirer avantage : « En faisant un prévisionnel, on s'est rendu compte qu'on avait la possibilité de faire quelque chose avec la renommée d'IBT et l'étendu du parc de fours existant. »
23 salariés
Servanne Stiens-Lefévère et son associé contactent 23 ex-salariés prêts à reprendre du service, se positionnent pour racheter les actifs d'IBT (lignes de production, plans). Trois projets sont en lice, dont celui d'un concurrent direct. Le tribunal de commerce d'Arras retient les anciens d'IBT mi-août. Une joie de courte durée : « On était prêt à reprendre la production dès septembre. Le nom de la société, le lieu étaient choisis. La CAHC, le conseil régional, la CCI étaient prêts à nous aider. » Patatras ! Le concurrent éconduit fait appel. Trop risqué de démarrer dans ces conditions. L'affaire est jugée le 26 novembre, la décision renvoyée au... 28 janvier ! « On a du tout mettre en stand-by. On en a perdu certains clients mais d'autres nous ont assurés de leur fidélité. » Jeudi dernier, la cour d'appel a confirmé la décision de première instance. Un soulagement. « Il n'y a plus de recours possible », se réjouit Servanne Stiens-Lefèvère qui envisage d'ores et déjà le lancement de la production, « dès que j'ai les documents d'immatriculation. . »
Reste le lieu. Un local attend TB Fours sur la zone de la Chênaie de Rouvroy. Mais le déménagement des locaux du boulevard Darchicourt (« où il suffit d'appuyer sur les boutons pour que ça tourne ») prendrait cinq semaines. Le plus simple serait donc de démarrer sur l'ancien site. Mais il symbolise un passé auquel l'équipe de TB Fours veut définitivement tourner le dos.

