AGROALIMENTAIRE
[EN IMAGES] Bonduelle investit le Brésil pour conquérir l'Amérique latine
mardi 14.12.2010, 05:10
Benoît Bonduelle jeudi, dans sa toute nouvelle usine de Cristalina, près de la capitale Brasilia. PHOTO « LA VOIX ».« Seja bem vindo ! » : soyez les bienvenus au pays continent brésilien. Le leader mondial du légume transformé inaugure sa première usine de pois et maïs dans la région de Brasilia. Objectif : rafler la mise des 10 % de part de marché au Brésil et s'en servir de rampe de lancement pour toute l'Amérique latine.
La multinationale villeneuvoise négocie ces jours-ci l'un des plus beaux virages de son aventure internationale en investissant le pays vert et jaune, couleurs nationales du Brésil qui sont également celles du géant légumier. Que du bon grain de maïs à moudre ! Quand Carrefour prend contact avec Bonduelle en 1995, il ne lui signale que l'absence de surgelés dans ses rayons. L'importation commence, Bonduelle devient leader du surgelé brésilien avec 20 % des parts de marché, les conserves débarquent en 1998 mais les ventes ne décollent pas...
L'axe de croissance
C'est l'axe de croissance de Christophe Bonduelle, président du groupe : en Europe, par la France, on diversifie sur des marchés matures, par exemple en se lançant dans les champignons, le bio ou le frais. Hors Europe, on attaque les marchés par la bonne vieille conserve. Bonduelle dispose de 42 sites industriels dans 11 pays et sa toute dernière usine fut inaugurée le 26 octobre à Cristalina, à cent kilomètres de Brasilia.
La marque ouvre sa première usine dans l'hémisphère sud et les premières boites de maïs sont en vente depuis le 1er novembre dans les Casino, Carrefour ou Wal Mart brésiliens. L'axe de croissance est confirmé, à une nuance près. « C'est la première fois qu'on investit pour prendre une part de marché, le vrai positionnement de leader n'étant pas encore pris par une marque », estime Benoît Bonduelle, frère de Christophe et directeur général chargé du développement.
Bonduelle a toujours eu le marché local avant l'outil industriel mais ici, pas encore de marché, mais une usine qui produira 30 millions de boîtes en 2011, l'ambition étant portée à 150 millions dans cinq ans, soit 50 000 tonnes, 10 % des parts de marchés dans un pays de 190 millions de consommateurs, où explose la classe moyenne, l'équivalent de la Belgique tous les ans, celle qui peut s'offrir des légumes de qualité, 20 % plus chers que le maïs des marques locales.
Le Brésilien moyen ne mange que 2,7 kg de conserves par an, contre 15 kg en France. Une aventure commence sur un air de samba.


