AGROALIMENTAIRE
Les chiens et chats de la région se régalent de croquettes de Marconnelle
mercredi 18.05.2011, 05:12
Environ 180 000 tonnes de produits secs sortent de l'usine Nestlé Purina de Marconnelle chaque année. PHOTO « LA VOIX ».C'est l'un des derniers fleurons des 7 Vallées, secteur qui a la fâcheuse tendance à perdre tout ce qui ressemble à un site industriel depuis quelques années (Ryssen, International Papers, sucrerie...). Mais Nestlé Purina Petcare France (NPPF) à Marconnelle, entre Saint-Pol et Berck, tient bon la barre. Et se bat comme un chien pour développer l'activité « petfood », qui ne connaît pas la crise.
À Marconnelle, à deux pas d'Hesdin, tout démarre au début des années 70. L'usine Gloria fabrique du lait (souvenez-vous des boîtes rondes métalliques que l'on perçait pour ouvrir) ainsi que, déjà, de la nourriture pour animaux. Et si la laiterie est toujours debout à l'entrée des 15 hectares du site, l'activité laitière a disparu.
30 millions d'amis
Marconnelle est l'une des cinq usines françaises à travailler sur la production de nourriture pour chiens et chats. Mais la seule avec Rouen à sortir des produits secs, autrement dit, des croquettes. À raison de 180 000 tonnes par an en rythme de croisière : « C'est même la première usine en taille dans ce domaine en Europe, se félicite Gilles Garraud, directeur d'usine depuis fin 2005. On produit à plus de 70 % pour la France, le reste partant en Europe du Nord et en Suisse. Quelque part, nous sommes un peu une usine à production locale. »
Et ce n'est pas un hasard car le marché français est une mine, le premier en Europe (30 millions d'amis !) et en pleine expansion. Les ressortissants français d'origine canine sont estimés à 7,8 millions d'individus, les félins à 10,6 millions. Et si les premiers ont perdu en nombre depuis une dizaine d'années, les seconds ont compensé.
Et puis les habitudes des maîtres ont évolué : « Les conserves se sont de moins en moins vendues, on a donc désinvesti dans ce domaine pour nous recentrer sur les produits secs et les portions repas. » Avec des sacs ou emballages que l'on ferme et rouvre plus facilement. « Le sec a résisté à la crise et le marché est en forte croissance », reprend Gilles Garraud.
Marconnelle se frotte les mains et se remet au boulot. L'an dernier, Nestlé Purina Petcare vend une usine aux Pays-Bas qui fabriquait des conserves, et surtout des produits intermédiaires de fabrication. L'activité est rapatriée dans l'Hesdinois et de « gros investissements » consentis pour construire un nouveau bâtiment à côté de la cheminée rouge et blanche dominant la vallée de la Canche, l'une des dernières du secteur.
Quelques embauches ont été actées pour lancer l'activité qui, d'ici à mars 2012, aura créé une vingtaine d'emplois, essentiellement directs. « On souhaite avec ce transfert d'activité devenir fournisseur européen de ces éléments qui entrent dans la fabrication des produits secs. » Et ajouter ainsi une corde à l'arc de l'usine marconnelloise.
Tout cela en revoyant les process de fabrication (l'usine emploie deux fois moins d'eau pour assurer son activité qu'il y a quatre ans, et consomme 20 % d'énergie en moins). Le site est même devenu pilote dans l'organisation du travail.


