TRAJECTOIRE PERSONNELLE
André Pecqueur, le travail de terrain, le terrain du travail...
lundi 17.10.2011, 05:13
Pour André Pecqueur, le plaisir et le contact du terrain sont primordiaux. PHOTO « LA VOIX »Récompensé par le prix de l'entrepreneur de l'année, André Pecqueur, le patron de la brasserie de Saint-Omer, croit à des valeurs simples.
Comme on a pu le lire dans notre édition de mercredi, André Pecqueur a reçu le prix de l'entrepreneur de l'année, décerné à Lille par le cabinet Ernst &Young. Au-delà de la bonne santé d'une entreprise, cette distinction vient récompenser quelqu'un qui a commencé sur le terrain mais qui ne veut surtout pas s'en éloigner.
Située dans le centre de Saint-Omer, l'entreprise familiale d'embouteillage de vin et de négoce de boissons d'une dizaine de personnes se développe en même temps que fleurissent les grandes surfaces dans les années 70. Puis, en 1985, pour garantir leur approvisionnement en bière, les Caves Saint-Arnould rachètent la brasserie de Saint-Omer. Suivent celles de Pont-de-Briques (Facon) et d'Hellemmes (Semeuse).
« Ravi d'être redevenu indépendant ! »
En 1996, la famille Pecqueur vend ses activités à Heineken. « J'y ai appris beaucoup de choses, mais qu'est-ce que je suis ravi d'être redevenu indépendant ! », lance André Pecqueur, qui croit qu'une entreprise doit « rester à taille humaine, où l'on peut se parler, loin des "y a qu'à". Où on se remet en cause en permanence en se disant : "Attention, ce n'est jamais gagné !" J'ai tellement vu de belles entreprises qui ont disparu. Pour moi, le patron est un capitaine qui doit entraîner l'équipe et on doit prendre du plaisir dans le travail ».
En 2008, André Pecqueur rachète "sa" brasserie à Heineken. Il se lance un programme de 18 millions d'euros d'investissement. Un des prochains chantiers verra la mise en place d'une unité tournant à 60 000 boîtes à l'heure. « Ce marché progresse, au détriment de la bouteille. » Voici un an, André Pecqueur a repris la brasserie des Enfants de Gayant, à Douai, qui produit des bières dites spéciales, comme la Goudale ou la Saint-Landelin. Une gamme complémentaire des produits fabriqués à Saint-Omer.
Lors de la reprise par Heineken, André Pecqueur avait décidé de transformer le parc des camions (sept à l'époque) en entreprise classique. Les Transports Saint-Arnould comptent aujourd'hui 350 collaborateurs pour autant de semi-remorques et 220 camions.
« À 68 ans, j'ai toujours la pêche et la passion. Il me semble que, pour réussir, il faut être un peu amoureux de son affaire. Je prends soin de former les gens qui me succéderont, mais je n'ai pas envie d'arrêter », note André Pecqueur, fier d'être le premier brasseur français (2,3 millions d'hectolitres), Heineken et Kronenbourg étant sous contrôle néerlandais et danois.

