ON EN PARLE
L'Hazebrouckoise en rupture de stock, mille trois cents « petites soeurs » mardi
mercredi 21.12.2011, 05:15
La bière artisanale est victime de son succès. «L'effet du lancement», selon son brasseur, Mathieu Lesenne.Les sept cents bouteilles d'Hazebrouckoise se sont arrachées samedi, jour de son lancement. Mille trois cents « petites soeurs » devraient être remises en vente mardi, au plus tôt. Mais Noël sera passé...
Sept cents bouteilles qui ont fait pschitt en un petit après-midi. Samedi, en fin de journée, on ne trouvait plus une goutte dela nouvelle bière L'Hazebrouckoise en ville. Ni au chalet de l'office de tourisme installé sur le marché de Noël. Ni au centre commercial Leclerc.
« J'étais très déçu de ne plus trouver de bouteilles lorsque je me suis rendu sur notre stand une heure et demie après son ouverture , confie, avec un brin de malice, le président de l'office de tourisme Jacques Messiant. Je voulais en offrir pour des amis à l'occasion de Noël. Maintenant, je suis marron ! »
La tuile
La tuile pour la ville ! Car son succès « inespéré » tombe mal à quelques jours des fêtes de fin d'année. L'Hazebrouckoise constituait le cadeau parfait pour qui voulait offrir un goût du marais aux lièvres. Jacques Messiant n'est pas amer : « Il faudra trouver autre chose. C'est à craindre qu'on offre des packs de Saint-Amand à la place ! » À la brasserie du Pays flamand, on s'attendait plus à ce plébiscite. « J'en doutais à peine, glisse Mathieu Lesenne, à la tête de l'établissement de Blaringhem avec son compère Olivier Duthoit. Elle comporte une forte identité locale. C'était sûr qu'elle allait plaire. » Le brasseur avance ses qualités gustatives, très proches de sa bière-phare l'Anosteké (« comme il était convenu dans le cahier des charges »), comme facteur d'explication.
À l'office de tourisme comme à la brasserie, on a conscience qu'on ne peut pas rester en carafe plus longtemps. Dès lundi, Jacques Messiant a transmis un nouveau bon de commande à la brasserie du Pays flamand. Mille trois cents nouvelles bouteilles devraient être livrées mardi, selon les meilleures prévisions, soit entre Noël et Nouvel An. « S'ils les vendent en moins d'une semaine, ce sera très fort ! », s'exclame le brasseur. Il se repère à l'Anosteké qui, pour la même quantité, s'écoule en deux semaines en Flandre en moyenne. Mais Mathieu Lesenne préfère rester prudent : « Les ventes sont dopées par l'effet de lancement. » Ce réapprovisionnement de dernière minute comporte des conséquences pour les brasseurs : « On a dû changer le planning pour accélérer le mouvement », précise Mathieu Lesenne. Exit la semaine de congés entre les fêtes : les deux propriétaires se remettront à bûcher, mais sans leurs deux salariés. « Ce sont les chefs qui trinquent ! » Autre conséquence, le processus de fabrication de la bière artisanale s'en trouve raccourci. « La garde sera moins longue que prévue », étaye le brasseur. En s'appuyant sur ce levier, le temps de fabrication devrait se réduire aux six semaines initialement prévues. Hors de question pour le brasseur de sabrer dans la phase de fermentation (stade où la bulle se forme sur l'action de la levure et où la bière prend tout son caractère). « Le redoux des prochains jours va même nous avantager », avance Mathieu Lesenne. Que les fans de l'Hazebrouckoise se rassurent, sa qualité ne devrait pas s'en trouver altérée.

