LES VISAGES DE L'ACTUALITÉ
Et sur votre plateau de fromages des fêtes, des spécialités du Boulonnais bien sûr !
vendredi 23.12.2011, 05:08
Joachim Bernard (au premier plan) et son frère Antoine présentent leurs produits. PHOTO GUY DROLLETÀ Wierre-Effroy, Antoine Bernard et son frère Joachim transforment le lait en une dizaine de spécialités fromagères que l'on retrouvera avec plaisir sur le plateau des fêtes de fin d'année.
À J - 3 du réveillon de Noël, dans leurs locaux flambant neufs adossés à la ferme du Vert à Wierre-Effroy, le téléphone n'en finit pas de sonner. « Ce sont des clients qui nous demandent des réassorts de dernière minute », soupire Antoine Bernard qui doit livrer en catastrophe un grossiste à Roubaix en rupture de stock. « Nous sommes des artisans. On ne peut pas fournir autant de fromages qu'on nous demande »,renchérit son frère cadet, Joachim. La ferme du Vert victime de son succès ? « On entend beaucoup parler de la crise. On vend des produits haut de gamme et on n'arrive pas à fournir la demande tant nos fromages sont recherchés... »
Tour de France du fromage
Tout a commencé dans les années 80. Après un tour de France des fromages à vélo, Antoine Bernard s'interroge : « Pourquoi le Boulonnais, terre d'élevage, n'aurait pas ses spécialités fromagères ? ». Il débute avec un troupeau de chèvres avant d'abandonner l'élevage pour ne plus se consacrer qu'à la fabrication. Conseillé par Philippe Olivier, affineur à Boulogne, il crée le vieux-boulogne dans les années 90, un fromage à pâte molle à croûte lavée. C'est le début d'une success-story sur fond de bocage et de tradition gourmande. L'entreprise ne décolle réellement qu'au début des années 2000 lorsqu'elle lance sur le marché une gamme de produits régionaux qui rencontre tout de suite un écho favorable. Une idée marketing assez géniale même si les deux frères s'en défendent. La fleur d'Audresselles, l'écume de Wimereux, le sablé de Wissant, le 62... autant de produits qui collent au territoire et qui véhiculent une image haut de gamme. « On a beaucoup de touristes chez nous. Les Belges qui ont pris l'habitude de goûter du sablé de Wissant en demandent ensuite chez eux quand ils rentrent à Bruxelles... » Une réputation qui se fait principalement par le bouche à oreille : nos artisans n'ont pas l'intention de faire de la publicité. De toute façon, la petite PME frôle le surrégime et manque de place, malgré les investissements réalisés dans de nouveaux locaux récemment.
Car les frères Bernard tiennent à leur statut d'artisan. « Quand on se lève le matin, on est content de venir travailler et de faire des fromages qui nous plaisent ». Difficile parfois de résister aux pressions des clients. « "Pourquoi vous ne faites pas de camembert ?" nous a demandé un jour un grossiste. On a mis un an avec un technicien avant de mettre au point notre camembert du Boulonnais... » Les puristes peuvent crier ? « Je comprends. L'image du camembert est plutôt liée à sa région. Mais c'est devenu aussi une variété de fromage ». Pas de scrupule donc à fabriquer du camembert boulonnais. Ni à produire aujourd'hui de la mimolette de la Côte d'Opale. « Notre dernier né. Un fromage qui nous plaît beaucoup... » Chez les frères Bernard, c'est l'amour du métier et l'amour du goût qui guident leurs pas, les consommateurs ne s'en plaignent pas, bien au contraire !

