CONSOMMATION
Findus lance une grande campagne pour promouvoir le « made in Boulogne »
jeudi 26.01.2012, 05:16
Matthieu Lambeaux est le directeur France de Findus.Lancée par Findus aujourd'hui, une campagne va valoriser le « made in Boulogne » (1). Matthieu Lambeaux, le directeur de la marque, était hier dans l'unité boulonnaise (200 salariés) qui fabrique les célèbres Croustibat.
- Comment est venue l'idée du « made in Boulogne » ?
« En écoutant les débats politiques. Nous sommes les premiers à dépasser le made in France, ça parle encore plus aux Français. C'est aussi une belle pub pour la ville. »
- Quel est votre intérêt à produire à Boulogne plutôt que dans un autre pays européen ?
« Les charges sociales sont trop élevées en France. Le gouvernement a choisi de faire quelque chose, c'est bien, car il n'est pas acceptable qu'on puisse produire ailleurs dans l'Union européenne à un coût moindre. Notre intérêt, ici, est que nous sommes dans le premier port de pêche, sur un site historique de la marque. Mais le but reste de réussir à produire moins cher à Boulogne. »
- Votre nouvelle campagne est optimiste. Est-ce rassurant pour l'emploi après les débrayages de décembre ?
« Il y a eu beaucoup de rumeurs basées sur pas grand-chose (2). Moi, j'ai une problématique à gérer : le dumping promotionnel de nos concurrents. Quand on fait de la pêche responsable, sans huile de palme, sans colorant et sans conservateur sur 100 % des produits, c'est plus coûteux. Mais on ne doit pas avoir des concurrents venant d'autres pays comme l'Allemagne et qui pratiquent ce type de promotions. »
- Vos prix sont plus élevés que la concurrence...
« Ils sont plus élevés car on fait de la pêche responsable. Et c'est irresponsable de ne pas faire de la pêche responsable quand on est une marque nationale. Les produits à base de poisson ne sont pas à brader. Nous ne vendons pas du poulet. On vend du cabillaud pêché, une des dernières espèces sauvages. Elle mérite qu'on la respecte. »
- Vous faites du « made in Boulogne », mais pourriez-vous produire avec du poisson local ?
« Notre colin vient d'Alaska et le cabillaud du Pacifique. À Boulogne, il y a la pêcherie Euronor avec laquelle je voulais absolument travailler.
Mais je n'ai pas réussi car les prix étaient trop élevés et à cause de la façon dont les blocs de poisson étaient surgelés à bord. Le produit est de qualité mais ne correspond pas à la taille et au fonctionnement de nos machines. »
PROPOS RECUEILLIS PAR O. MERLIN
1. Publication de pages de publicité dans la presse écrite et collage de stickers sur dix millions de boîtes de poissons panés.
2. Les syndicats craignaient une revente de l'entreprise par le fonds de pension propriétaire. Officiellement, celle-ci est suspendue.

