ÉCONOMIE
Marie Dejardin dessine et crée sur mesure des jardins
mardi 15.09.2009, 04:46Marie Dejardin, c'est son nom et celui de son entreprise. Un patronyme un peu prédestiné pour une dessinatrice en jardin. Basée à Frelinghien, elle rencontre ses clients autour de la métropole lilloise et même en Belgique. Son travail a été primé par la boutique de gestion espace, couveuse où elle a débuté. Aujourd'hui, elle est distinguée au salon Créer à Lille.
PAR CATHERINE QUÉTELARD
« Faire un jardin c'est comme faire une collection, une collection privée » : de son premier métier où elle dessinait des collections, elle a gardé le goût du tracé, des couleurs, du contact avec les clients pour qui elle crée des « jardins sur mesure ».
Après une formation en arts appliqués à l'école de Sèvres puis à l'ESAT à Roubaix et dix ans dans le textile qu'elle avait choisi par amour de la mode, elle a eu envie de changer. « Le paysagisme m'a toujours intéressée », confie-t-elle. Une formation d'un an au lycée horticole de Lomme lui donne les bases d'un nouveau métier : « Je connaissais déjà beaucoup de choses, les volumes, la couleur, l'architecture ; je n'ai pas de difficulté à voir en 3D ». Il reste à connaître les plantes, penser à toutes les saisons. « Je conçois un jardin pour trente ans », assure celle qui sait s'entourer des conseils de jardiniers et écouter ses clients. « Le jardin, c'est un lieu de vie ; même dans le Nord, on a envie de vivre dehors. » Passant de la cour au grand jardin, elle réalise des projets très variés intégrant la cabane de jardin, la piscine, le bassin, la terrasse, la volière, le potager, le verger ou la serre. Certains clients auront besoin de mettre les mains dans la terre : le carré d'herbes aromatiques ou de fraises plaît bien. Pour d'autres la priorité sera de jouer au foot ou de sauter sur un trampoline. D'autres encore logeront des objets d'arts. Aménager l'espace, même le plus petit, pour voir le soleil se coucher et y prendre le petit déjeuner, ou habiller un pignon plutôt laid fait partie de son travail comme de tenir compte du temps que ses clients consacreront à l'entretien et de leur budget. Elle se déplace à domicile pour un entretien initial de deux heures où elle écoute, regarde, s'imprègne de l'ambiance et du mode de vie des personnes : « Les gens vivent leur jardin par rapport à leur mémoire, l'enfance, ce qu'ils vivent pendant leurs vacances. Ils me racontent l'histoire de leur maison. » À 36 ans, travaillant depuis deux ans dans ce secteur, elle a réalisé 40 jardins.





