UN MÉTIER PARTICULIER
Verrier d'art, Jean-Jacques Capron donne des couleurs à la lumière
dimanche 24.07.2011, 05:22
Dans son atelier du hameau de la Rosière, à Mérignies, Jean-Jacques Capron créé de superbes vitraux.Chaque dimanche jusqu'à la fin de l'été, nous vous proposons de partir à la découverte d'un métier particulier, sinon méconnu. Aujourd'hui, gros plan sur Jean-Jacques Capron, de Mérignies. Depuis plus de quarante ans, il s'amuse en travaillant, comme on ferait un puzzle. Sauf que ce maître verrier restaure des vitraux d'église, comme il honore les commandes de particuliers.
Jean-Jacques Capron bavarde tout en continuant le travail commencé il y a quatre heures. Sous ses doigts, les morceaux de verre glissent, les tiges de plomb sont ajustées, coupées... « J'étais parti pour faire électricien, se souvient le Mérignisien, qui a commencé comme apprenti à quatorze ans, après le certificat. J'ai perdu mon père à onze ans et, avec trois soeurs à la maison, je suis devenu soutien de famille. » C'est d'ailleurs l'une d'elles qui, avec sa mère, le pousseront à trouver une nouvelle voie. La bonne. « Elles connaissaient André Dubois, maître verrier rue de la Mousserie. Elles ont insisté et je suis allé faire un essai chez lui. Mais à l'époque, je ne voyais pas ça comme un métier d'avenir. » « À seize ans, je me suis trouvé dans le bain à faire des vitraux », continue le verrier d'art qui, plus de quarante ans après, ne se verrait pas faire autre chose. « André Dubois me considérait comme son fils et il m'emmenait voir les clients avec lui, enchaîne-t-il. Ça n'a rien d'un métier monotone. Il faut faire le dessin, découper le verre selon le gabarit. Après, c'est l'assemblage au plomb mais, là, on a quand même les mains sales et on ne peut pas faire autre chose... » Sans compter qu'il faut parfois donner un petit coup de peinture pour donner les nuances et cuire pour que le colorant soit pris dans la masse.
Minutieux et précis pour ne pas croquer le verre, Jean-Jacques Capron l'est. « Comme un maçon qui n'a pas besoin de son niveau chaque fois qu'il pose une brique », compare-t-il. C'est aussi un artisan prévoyant. « Il faut être bien fourni en verre, avoir un échantillonnage de couleurs et de nuances... » Et il ne trouve rien d'ingrat dans ce métier sauf, peut-être, le masticage.
Tant et si bien qu'au décès de son maître, il a décidé de créer son entreprise. « À l'époque je travaillais dix heures par jour, même le samedi. Je ne comptais pas ! Aujourd'hui encore, je ne sais pas ce que c'est qu'un mois de vacances. » Alors qu'il continue son puzzle, la réparation d'un vitrail pour l'église de Pronville dans le Pas-de-Calais, il insiste : « L'an dernier, j'ai travaillé pour le restaurant Léon de Bruxelles. Et bien, j'étais sur place à 4 heures du matin. » Son atelier étant idéalement situé à proximité de la métropole, du Douaisis et du Valenciennois, le Mérignisien voit arriver les commandes de toute la région. Et même de plus loin puisqu'il se souvient de cette grande pièce moderne qu'il a dû assembler... en Alsace. « Le bouche à oreille fait le reste, conclut-il.

