ON EN PARLE
Prise de bec à Wallon-Cappel autour de la construction d'un poulailler industriel
dimanche 29.01.2012, 05:18
Le collectif vient de lancer une pétition poursensibiliser une opinion publique plus large.À Wallon-Cappel, un collectif de riverains s'oppose à l'implantation d'un poulailler industriel. Nuisances sonores et olfactives, pollution, dénaturation du paysage... leurs doléances sont multiples. Ils envisagent de déposer un recours gracieux contre le permis de construire qui vient d'être accordé à Julien Boddaert, jeune agriculteur porteur du projet.
Hier matin, s'est tenue une réunion du collectif « 30 000 poulets, mort d'un site inscrit ». Derrière ce nom quelque peu énigmatique, sont regroupés une dizaine de riverains de Wallon-Cappel fermement opposés au lieu choisi pour l'implantation d'un poulailler industriel, à quelques centaines de mètres de leurs habitations.
Cet endroit est une parcelle de terrain d'un couple d'agriculteurs spécialisés dans l'élevage bovin. Le fils de ces exploitants, Julien Boddaert, vient d'achever, à 20 ans, une formation en aviculture. Depuis plusieurs mois, il a comme projet de démarrer son installation avec la construction d'un poulailler de 30 000 bêtes sur cette parcelle située sur la plaine à proximité de la rue de Staple. En décembre, Julien Boddaert a rendu visite à ses voisins pour les informer de sa décision. Après une réunion de concertation en mairie d'Hazebrouck le 14 janvier entre les riverains et la famille Boddaert, le permis de construire vient d'être accordé au jeune agriculteur.
« Nous ne sommes pas contre son installation mais contre le lieu choisi », tient à préciser Marie-Benoîte Outters, qui exploite avec son mari un verger biologique à quelques centaines de mètres du futur poulailler. D'autres sont plus vindicatifs, parlant d'une « verrue au milieu de la plaine située dans les vents dominants ». Leurs griefs sont multiples.
« Il faudra de nombreux passages de camions pour acheminer la nourriture des poulets et sortir le fumier, affirme Jean-Charles Debeussher, un autre riverain. Par ailleurs, quatre camions vont venir récupérer les bêtes tous les 52 jours durant la nuit. » Il estime que le chargement prendra trois ou quatre heures. « Je ne fais pas ce projet pour déranger mes voisins, répond de son côté Julien Boddaert. Si on me le demande, je mettrai tout en oeuvre pour que les camions viennent récupérer les poulets en soirée. » « Avec les vents dominants qui traversent la plaine, on risque de sentir une odeur d'ammoniac, principal rejet de l'installation, sur mille mètres, avance Jean-Charles Debeussher. L'épandage du fumier devrait quant à lui se faire sur Staple, mais où sera-t-il stocké s'il ne fait pas beau ? » Benoît Outters craint également que l'ammoniac ne contamine à terme ses pommes, au risque de perdre sa certification « bio ». Sa femme pointe aussi le risque d'infiltration d'éléments polluants dans les nappes phréatiques, une grosse source d'eau se trouvant juste en face de la parcelle d'implantation. « Les ventilateurs modernes permettent d'atténuer les odeurs, se défend Julien Boddaert.
Dès que j'en aurai les moyens, j'installerai aussi un échangeur d'air plus performant en la matière. La litière du poulailler sera installée sur du béton pour éviter les infiltrations de nitrates dans les nappes phréatiques. Je prévois une fosse pour les eaux de lavage. Enfin, j'utiliserai des produits composés de micro-organismes qui permettent de dégrader plus vite la litière et de diminuer les rejets d'ammoniac du fumier. S'il m'en reste malgré les terres d'épandage disponibles, j'aménagerai des aires de stockage en bout de champ en respectant les distances prévues par rapport aux cours d'eau et aux habitations. » Les riverains avaient demandé à la famille Boddaert d'installer le poulailler sur une autre parcelle, derrière leur exploitation, dans un couloir de plaine sans habitation. « C'est impossible, soutient Julien Bossaert. Ce terrain est difficile d'accès et souvent inondé. »
Le collectif a été surpris par l'octroi du permis de construire.Il compte déposer un recours gracieux pour obtenir son annulation.
PAR CÉCILE HUYGHE

