AUTOMOBILE
Oxford automotive à son tour embouti par la crise de l'automobile
jeudi 20.11.2008, 12:02Oxford Automotive, le plus gros sous-traitant pour l'industrie automobile du Douaisis, va demander du chômage partiel à la direction départementale du travail : trois semaines en décembre et deux par mois en janvier, février et mars.
« J'ai trente ans d'automobile. J'ai pratiqué tous les grands groupes en tant que directeur industriel, mais je n'ai jamais vu ça. J'ai connu des tassements, mais là c'est un effondrement. » Voici le diagnostic que livre Dominique Bailly, le directeur du site douaisien d'Oxford Automotive (groupe Wagon). Face à cette situation grave, Dominique Bailly va annoncer aujourd'hui, en comité d'entreprise (CE), que le site va demander à la direction départementale du Travail (DDTEFP) l'autorisation de recourir à des mesures de chômage partiel qui vont toucher la quasi-totalité du personnel.
L'ampleur des demandes qui vont être soumises à la DDTEFP impressionne : quinze jours ouvrables en décembre (donc trois semaines de travail) et dix jours ouvrables par mois (deux semaines) jusqu'à mars prochain.
« J'ai appris ce matin de Peugeot-Sochaux qu'ils allaient fermer une semaine de plus, soit un mois en tout, en décembre et janvier. On a revu trois fois notre planning d'activité en très peu de temps. » C'est la brutalité de cette baisse d'activité qui inquiète dans l'entreprise, avec des annonces répétées, de la part des donneurs d'ordres, de suppressions de commandes. « On a commencé à sentir les effets de la crise début, mi-septembre. Mais aujourd'hui on a une baisse d'activité de l'ordre de 25-30 %, avec une forte accélération de cette baisse prévue en décembre, où les constructeurs vont procéder au déstockage de leur parc : là, on sera à moins 45 ou moins 50 %. Notre chiffre d'affaires mensuel moyen est de l'ordre de 11-12 millions d'euros. En novembre on sera à 7, en décembre à 4. On est dans le brouillard le plus total », souligne M. Bailly.
Pourtant, Wagon Automotive, qui est spécialisée dans l'emboutissage et l'assemblage, a des clients relativement diversifiés. « Seul Mercedes, pour qui on travaille aussi, a encore un plan de travail assez chargé » indique Philippe Nalewajek, le secrétaire CGT du CE. Chose rarissime dans des crises au sein d'une entreprise, le syndicaliste n'a rien à reprocher à son employeur. Lui qui a connu le dépôt de bilan d'Arbel, avant sa reprise par Oxford, en a pourtant vu d'autres. Mais devant cette crise violente qui fait boule de neige, il s'interroge : « Aujourd'hui, quel équipementier ou quel sous-traitant automobile peut dire qu'il ne passera pas par un dépôt de bilan ? ». Il s'inquiète aussi du chômage partiel que la DDTEPF ne pourra pas, selon lui, refuser. Les 600 salariés du site ont épuisé leur stock de congés en retard et il n'y a plus d'intérimaires en poste. « Le chômage partiel, c'est en théorie 50 % de la rémunération même si on va essayer d'obtenir plus. Imaginez la situation pour les familles concernées ! »
