« Le coût du travail n'est pas déterminant »
samedi 11.02.2012, 05:17
Dominique Bailly: «Dix mille emplois perdus en trois ans ici. »Questions à Dominique Bailly, sénateur-maire socialiste d'Orchies, qui interpella Pierre Lellouche, jeudi au Sénat, sur les délocalisations dans le secteur automobile.
- Pourquoi cette panne de production de voitures en France ?
« Le marché français a perdu une capacité de production de 500 000 véhicules par an depuis 2007 et il est de plus en plus approvisionné par des usines d'Europe de l'Est et du Maghreb. Ainsi, l'usine de Tanger va alimenter nos concessions automobiles et tant pis pour l'emploi en France !
» - On évoque souvent la charge du coût du travail ici...
« C'est presque un faux débat puisque le coût du travail n'est pas déterminant, même si bien sûr il compte beaucoup dans les choix stratégiques d'implantation. Sur un modèle de voiture urbaine, il ne représente qu'entre 15 et 18 % du coût de revient du véhicule. Il y a donc autre chose... »
- Pierre Lellouche rappelle les outils mis en place pour maintenir l'activité industrielle (une banque publique pour PME avec Oséo, le fonds d'investissement du grand emprunt, le crédit impôt recherche, etc.).
« C'est bien joli mais c'est insuffisant. Le FSI doit financer davantage la recherche dans l'automobile et il faut une vraie vision stratégique de l'industrie en France, au lieu de coups dans les territoires. Ces coups sont les bienvenus, comme Toyota qui choisit la région, mais on doit aller plus loin pour maintenir la production en France. Les aides sur la défiscalisation des heures supplémentaires ou sur le temps partiel doivent être redistribuées dans ce sens. »
Y. B.
PHOTO ARCHIVES MAX ROSEREAU

