MAZINGARBE

La nouvelle vie des transports Mullie a pris corps au mois de mai

Publié le 19/10/2008 à 05h02

Lavoixeco - Robert Mullie s'est beaucoup donné pour faire vivre l'entreprise créée par son propre père. À 57 ans, il a pris du recul. Il en a profité pour transmettre le flambeau à deux de ses salariés. Loïc Chevalier et Fabien Gringoire ont relevé le défi et depuis, ils prennent leurs marques.

La nouvelle vie des transports Mullie a pris corps au mois de mai
Lavoixeco - Robert Mullie s'est beaucoup donné pour faire vivre l'entreprise créée par son propre père. À 57 ans, il a pris du recul. Il en a profité pour transmettre le flambeau à deux de ses salariés. Loïc Chevalier et Fabien Gringoire ont relevé le défi et depuis, ils prennent leurs marques.

PAR YVES PORTELLI

lens@info-artois « Ce serait maintenant, on n'aurait pas eu les prêts ! » Fabien Gringoire et Loïc Chevalier analysent les effets de la crise mondiale avec une vraie peur rétroactive. Comment aurait réagi leur banquier face à deux salariés enquête de liquidités pour racheter une PME-PMI réalisant un chiffre d'affaire annuel d'environ 2,7 M E ? «  La bataille pour obtenir les prêts a duré environ six mois. Chauds les six mois... » se souvient Loïc. « Heureusement, Jean-Pierre Destombes, "Artois Entreprendre", nous a filé un grand coup de main. Il continue de le faire aujourd'hui, une sorte de service après-vente. » C'est pourtant la mine réjouie que les deux chefs d'entreprise ont pris les choses en main. Certes, ils avaient des points de repère puisqu'ils étaient salariés chez Mullie depuis une dizaine d'années. De là, tout de même à venir de l'autre côté du comptoir il y avait une marche à franchir. «  On incarnait l'esprit de famille "maison", c'est d'abord pour cette raison qu'on nous a fait confiance », expliquent encore les deux hommes qui ont aussi à prendre ensemble les responsabilités : « On a fait un pacte d'associés. Nous sommes deux et ça aide.  » Un soutien mutuel bienvenu car l'apprentissage de « patron » n'est pas simple, « On a des doutes tous les jours, mais on avance, ensemble. » Ce qui change le plus, c'est la valse des chiffres. Lorsqu'ils étaient salariés, ils n'avaient aucune pression financière. Elle fait aujourd'hui toute la différence. « Un nouveau bus, pas le haut de gamme, c'est 200 000 E il faut compter 50 000 de plus pour avoir du très beau. On n'a pas le droit de se tromper  » indique, sérieux, Fabien Gringoire.

Tout est affaire de méthode. Les Mazingarbois ont choisi des lignes de conduite auxquelles on n'échappe pas. Ainsi, chaque vendredi, un ou deux chauffeurs sont invités à un entretien au cours duquel Fabien ou Loïc, parfois les deux ensemble, expliquent la situation de l'entreprise, les perspectives immédiates ou plus lointaines : « Les salariés ont besoin de lisibilité. Ils comprennent mieux les contraintes et le pourquoi de nos décisions. On a été employés, comme eux, on sait que c'est un point très important. » Justement, où vont les transports Mullie ? Loïc Chevalier rappelle les grands principes : « 60 % de notre activité est liée aux transports scolaires. On réalise 13 % de notre chiffre d'affaire avec le transport des salariés d'Arcelor Dunkerque. Les 27 % qui manquent, c'est tout le reste, y compris les services aux particuliers. » Et c'est sur ce point précisément que les Mazingarbois espèrent faire fructifier leur investissement. Ils souhaitent ainsi développer leur offre d'acheminement vers les aéroports grâce à des petites navettes. « On travaille beaucoup en dehors de vacances. Il faut porter notre effort... pendant. Jusqu'à présent, à Noël ou en février, on passe notre temps à entretenir la flotte ! » Les bus sont comme les avions, ils coûtent cher lorsqu'ils ne sont pas utilisés.

La hausse des prix ?

Et que dire du prix de l'essence ? En 2007, il a constitué 13 % des charges. En 2008, les Mazingarbois le savent, il faudra tabler sur 16 % même si les prix baissent pour le moment. « On répercute les hausses et les clients l'acceptent plutôt bien. » Les bus ont-ils encore un avenir ? « Oui, plus que jamais. Le Louvre-Lens servira de levier, c'est évident et le tramway aussi. On s'adaptera à la nouvelle demande, c'est tout. » •

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