LA CRISE : ET MAINTENANT ?
Toyota : première tendance 2009 le 19 janvier, en CE ?
mercredi 07.01.2009, 04:45Deuxième journée de travail chez Toyota. Hier, syndicats et direction se sont rencontrés sur l'aménagement du temps de travail. Côté perspectives économiques, il faudra attendre le 19 janvier.
La crise dont tout le monde parle, concrètement, c'est quoi ? C'est quinze jours d'arrêt pour l'usine Toyota en décembre, une première dans l'histoire d'un site où jusqu'ici on ne faisait pas même le pont à l'occasion des fêtes.
Depuis avant-hier lundi, le travail a repris normalement à Toyota. Sur trois équipes, puisque la direction locale a finalement décidé en 2008 de garder en place le poste de nuit. Pour pouvoir « réagir au plus vite » et augmenter la cadence dès que le marché repartira, dixit Didier Leroy, le directeur, dans nos colonnes à la fin de décembre. La version optimiste. Car il est tout aussi clair que Toyota ne pourra indéfiniment conserver son fonctionnement sur trois postes si la récession dans l'automobile perdure.
Autant dire que les premières tendances de vente pour 2009 sont attendues avec impatience du côté d'Onnaing. De premiers indices divulgués dès hier, puisqu'élus du personnel et direction ont parlé aménagement du temps de travail ? La réunion était prévue de longue date, dans tout un cycle de négociations, mais comme c'était prévisible, rien n'a filtré sur l'avenir immédiat. Il faudra attendre le 19 janvier, date du prochain comité d'entreprise, pour, peut-être, être fixé. Un CE qui tombera la veille des états généraux de l'automobile convoqués par le gouvernement pour se pencher sur le sort d'une industrie en difficulté.
La CGT inquiète pour les intérimaires
En attendant, Toyota appliquera les mesures de réduction de production décidées et annoncées dès l'an dernier. Soit une semaine d'arrêt de production en mars, et huit autres vendredis non travaillés entre le 13 mars et le 24 avril. Sans chômage technique, les salariés étant invités à puiser entre autres dans leurs réserves de congés pour passer le cap. Ce qui ne reçoit pas l'agrément de la CGT. Hier, ce syndicat par la voix de son élu au CE s'est encore élevé contre les mesures de flexibilité dans l'usine, même induites par la crise : « Les salariés ont déjà un compteur de 70 heures qu'ils peuvent ainsi "devoir" à l'entreprise. La direction souhaite élargir ce volant. Nous disons non. Quand ça va, on pousse la cadence. Quand ça ne va pas, cela repose encore sur le salarié. » L'autre mesure décidée en 2008, toujours pour adapter la production au recul des ventes mondial, c'est la réduction de la cadence de production. Le 2 février, on passera de 1 100 à 880 véhicules par jour. Un vrai coup de frein, mais il est vrai que jusque-là Toyota était quasiment resté sur son pic de production. Ici aussi, la CGT prévient : il y aura forcément de la casse chez les intérimaires. T. T.
PHOTO BRUNO FAVA

