AUTOMOBILE
Toyota-Onnaing : « Quand on sortira de la crise, on sortira plus fort »
jeudi 22.01.2009, 06:50C'est désormais entre Valenciennes, Bruxelles, le Japon, la Turquie et l'Angleterre que Didier Leroy va devoir partager son temps. Le président de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF), à Onnaing, vient d'être nommé président des conseils d'administration des deux autres usines européennes, en Angleterre et en Turquie. De quoi porter un regard global sur la crise automobile.
[AUDIO] Didier Leroy : malgré la crise, « l'automobile a de l'avenir »
- Pour la première fois, Toyota annonce des pertes. Comment comptez-vous résister à la crise ?
« Toyota prévoit sur l'année une perte de 1,2 milliard d'euros. C'est en effet une situation inconnue dans ce groupe qui avait jusque-là toujours connu des périodes de croissance. En Europe, nous avons vendu l'an passé 1,140 million de véhicules, en baisse de 10 %. Cela nous oblige à réfléchir, à développer de nouvelles stratégies pour reprendre un nouvel élan. »
- Comment voyez-vous le marché automobile de demain ?
« Je crois au futur de l'auto, car je ne crois pas que nous passerons à une civilisation du tout transport en commun. Comme je compte beaucoup sur notre avance en matière de voitures hybrides, une technologie qui a de l'avenir et sur laquelle nous travaillons en permanence. Dans le monde, nous avons vendu 1,7 million de voitures hybrides, dont 1,4 million de Prius. Preuve que nous croyons en l'avenir : en 2009, nous sortirons 29 nouveaux modèles, dont 13 rien que sur l'Europe. Notamment la version restylée de la Yaris produite à Onnaing. »
- Quelle évolution justement attendre sur le site valenciennois, qui emploie 3 210 salariés ?
« Nous attendons beaucoup de la nouvelle génération de Yaris qui va être entièrement produite ici. En 2008, nous avons vendu 239 000 Yaris en Europe, soit 10 % de moins qu'en 2007, le marché français restant toutefois stable mais ne représentant que 14 % de notre production.
La visibilité pour l'année 2009 reste extrêmement faible. Tous les mois nous révisons nos programmes de ventes, nos prévisions à trois mois restant relativement pessimistes. De ce fait, comme tout le monde, nous avons dû réduire la voilure. Nous avons déjà planifié deux semaines de fermeture de l'usine en février, ainsi que tous les vendredis du mois de mars. Nous avons également annoncé un ralentissement de la cadence de production, tout en maintenant nos trois équipes. Nous étions à 1 098 véhicules/jour pour une capacité maximum de l'usine de 1 170 véhicules/jour. À partir de février, nous passerons à 880 voitures/jour. Nous ne renouvellerons également pas un certain nombre de contrats intérimaires (environ 350 sur les 500 actuellement en poste), comme je ne sais si je pourrai garder la troisième équipe toute l'année, si la situation dégénère. Mais nous avons l'espoir de rester dans une certaine stabilité, autour des 200 000 véhicules produits sur l'année. D'autant plus que nous sommes sur un segment de marché moins affecté par la crise. Nous sommes en condition pour traverser cette tempête. Quand on en sortira, on en sortira beaucoup plus forts. »
- Pensez-vous profiter du plan de soutien à l'automobile présenté par le gouvernement ?
« Je ne sais pas comment vont être attribués les milliards annoncés lors des états généraux de mardi, où l'on n'a parlé que de PSA et Renault. Pour ma part, je me considère comme un vrai constructeur local. La Yaris est fabriquée à 100 % ici, nous travaillons avec 55 fournisseurs français. Nous ne demandons rien de particulier, seulement d'être traités de manière cohérente. »

