AUTOMOBILE
Chez Toyota à Onnaing, la chaîne est toujours à l'arrêt
samedi 18.04.2009, 04:50Dix jours de grève chez Toyota Onnaing. Une grève qui dure et se durcit. Jeudi en fin de journée, les grévistes ont décidé de bloquer les entrées du site de fabrication de la Yaris. La production s'est arrêtée. Depuis, plus aucune voiture ne sort des chaînes mais les grévistes autorisent le départ des camions chargés de Yaris.
PAR VÉRONIQUE BERTIN
Ils ne sont que 6 %, selon la direction (deux cent quatorze hier, sur les trois mille deux cents salariés de l'usine) mais ces 6 % là sont très remontés et bien décidés à ne rien lâcher. Cette grève, inédite chez Toyota, est partie de la base, des ouvriers, le vendredi 3 avril. Ils ont ensuite reçu le soutien des syndicats : FO et la CGT, la CFDT refusant d'entrer dans le mouvement car « ce n'est pas le moment ». Depuis le premier jour, les grévistes réclament le paiement à 100 % des deux semaines de chômage partiel (contre 60 % du brut actuellement) et des jours de grève. Pour les ouvriers, cela représente une perte de salaire estimée entre dix-sept et une trentaine d'euros par jour, soit entre 200 et 300 E de manque à gagner. Beaucoup trop, estiment-ils, pour des gens payés au SMIC.
Flux tendu
Jeudi, la pression sur la direction est montée d'un cran. Devant le refus d'avancer dans la négociation, les grévistes ont décidé de bloquer quatre entrées de l'usine. Plus aucun camion n'a donc pu y pénétrer. Faute de stock et notamment de roues et de sièges, la chaîne s'est vite retrouvée à l'arrêt.
D'autant plus que Faurécia Somain s'est aussi trouvée bloquée jeudi soir. Plus aucune voiture n'a donc été produite depuis lors.
« Cela représente une perte de 2 500 voitures », estime le chargé de communication de Toyota, dans l'incapacité cependant de chiffrer les pertes depuis le début de la grève.
Les salariés, eux, ont fait leurs petits calculs et la sentence tombe : « Ça va leur coûter plus cher que s'ils avaient cédé à nos revendications. » Les non-grévistes ont nettoyé l'usine.
Hier, deux rounds de négociations ont eu lieu dans l'après-midi. Le comité de grève, la direction de l'usine et l'inspecteur départemental du travail se sont mis autour de la table. Des propositions sont sorties de ces réunions, dont le paiement de 75 % du brut. « Ça a bloqué sur le paiement des jours de grève », observe Éric Pecqueur, délégué CGT. Le comité de grève a présenté ces avancées - dues notamment au représentant de l'État - aux grévistes qui les ont refusées, « les jugeant insuffisantes ».
Hier la direction a lancé une procédure en référé. Le jugement du tribunal ne sera pas rendu avant lundi. Les salariés restent malgré tout déterminés. Ce week-end, l'usine Toyota d'Onnaing va donc rester bloquée et à l'arrêt. Les grévistes se sont organisés pour garder les quatre points stratégiques d'accès au site.
Pour cette première grève dure, les « Toyota » ne veulent rien lâcher. Ils sont prêts à aller « jusqu'au bout ».

