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À Arras, Béthune et Lens, les chefs d'entreprises restent d'un optimisme mesuré pour 2010
mercredi 03.03.2010, 05:02
2010 pourrait permettre de stabiliser les trésoreries et de regagner des marchés. C'est l'avis des patrons.PHOTO SAMI BELLOUMIL'enquête régionale de conjoncture « Bilan et Perspectives » a été réalisé auprès des entreprises ressortissantes des CCI de l'Artois.
Elle laisse apparaître un léger signe de sortie de crise, pour 2010. Nos entrepreneurs restent néanmoins d'un optimisme mesuré et l'emploi devrait seulement se stabiliser dans tous les secteurs d'activité. Si cette enquête s'appuie sur l'opinion des chefs d'entreprises, et non sur des données purement économiques, elle reste néanmoins révélatrice d'une certaine tenue de la conjoncture et de la façon dont les managers entendent la gérer. Les paramètres qui ont viré dans le rouge en 2009 semblent cette fois plus favorables.
Si les signes de reprises ont été constatés au dernier trimestre 2009, avec des emplois intérimaires en hausse, une reconstitution des stocks, les indicateurs ne semblent pas encore traduire une reprise à long terme. Les carnets de commandes restant en deçà des attentes et les perspectives de chiffres d'affaires des chefs d'entreprises restant timorés. Une petite majorité, dans le BTP et les grossistes du commerce, s'attend à une stabilité tandis que commerçants et industriels se montrent plus pessimistes. 30 % d'entre-eux s'attendent à un repli de leur activité, 24 % à une hausse. Les importations devraient repartir à la hausse en 2010, selon un tiers des industriels contactés.
La reprise en 2010 ? Peu de professionnels en sont convaincus. Pour preuves les opinions peu favorables sur la rentabilité et la trésorerie, dans les secteurs de l'industrie, des commerces de détails et de la restauration. 35 % des industriels ressentent des difficultés de trésorerie et 30 % d'entre-eux s'attendent à une nouvelle dégradation de la rentabilité en 2010. 35 % des commerçants, plus de quatre hôteliers-restaurateurs sur dix s'attendent aussi à des difficultés de trésorerie. Pourtant, globalement, la moitié des entreprises prévoient une stabilisation de leur niveau de trésorerie en 2010. 25 % s'attendent à une dégradation.
Emploi : prudence !
Côté investissements et emploi, c'est un attentisme prudent ou résigné qui répond à ces constatations mesurées. Si l'activité semble repartir depuis quelques mois, les capacités de production restent trop faiblement sollicitées pour motiver ou rendre possible une reprise des investissements. C'est surtout le cas pour les industries et un peu aussi pour les entreprises du bâtiment.
Côté emploi, il ne faudra donc pas s'attendre à une embellie. Tout au plus à une stabilité. En Artois, l'emploi s'est dégradé (63 300 demandeurs inscrits à Pôle emploi) fin décembre 2009 pour 7 878 inscriptions supplémentaires par rapport à fin décembre 2008 (+14,2%). En 2010, les effectifs des entreprises devraient se stabiliser. C'est l'avis des chefs d'entreprise. Certains d'entre-eux, dans le BTP et l'hôtellerie-restauration, restent incertains.
La concurrence est pour la majorité des patrons, le principal frein au développement, les difficultés de recrutement sont également montrées du doigt (par 27 % d'entre-eux) tout comme les freins réglementaires et la capacité financière (20 % pour chaque poste). Il reste donc encore à faire dans l'Artois pour que le marché du travail soit en phase avec la demande et pour aider les patrons à se concentrer sur le développement et les marchés. N. A.
On peut consulter cette enquête sur www.arras.cci.fr

