SEVELNORD
Manif demain et rencontre ce matin avec le n° 2 de PSA : Sevelnord face à son avenir
vendredi 18.11.2011, 05:27
La manif du 7 juillet avait rassemblé un millier de manifestants. Combien seront-ils demain?Deux journées peut-être décisives pour Sevelnord et ses 2 400 salariés. Manif demain et visite ce matin de Denis Martin, le directeur industriel du groupe PSA Peugeot-Citroën sur le site d'Hordain. Et il est attendu de pied ferme par des salariés qui, plus que jamais, ont besoin d'être rassurés sur leur avenir après l'annonce de mardi - la suppression de 4 000 postes en France en 2012. Une mesure qui bizarrement épargnerait notre région...
Pas concerné ?... Sauf qu'à Sevel, la fin annoncée du partenariat avec Fiat (actionnaire à 50 %) en 2017 a noirci, depuis quelques temps déjà, l'horizon. D'ailleurs, les suppression de postes, à en croire la CGT, sont déjà une réalité : « La casse a commencé... On en est à 160 entre janvier et octobre... Et 200 d'ici à la fin de l'année ? », s'alarme Ludovic Bouvier. « S'il (Denis Martin)vient pour nous faire du pipeau, il peut rester où il est ! Il nous balade depuis des mois, ça suffit ! Les salariés veulent des réponses ». Et plus exactement des perspectives pour l'après 2017. À Hordain, on a besoin de concret, d'un nouveau modèle, et pourquoi pas le K-Zéro - nom de code du futur utilitaire de PSA. Problème : le site espagnol de Vigo est sur les rangs, et le mastodonte a l'argument de sa taille (400 000 véhicules par an, 9 000 salariés - trois fois plus que l'usine nordiste).
« Reste six à sept mois avant l'annonce officielle, il faut se mobiliser », lance Jean-Pierre Delannoy. Le responsable régional de l'USTM-CGT sait pouvoir compter sur la majorité des syndicats de l'usine (CGT, SPI, CFE-CGC), pour la manif de demain à 10 h, place d'Armes. Mais pas seulement : la CGT Toyota a produit, cette semaine, un tract dans lequel elle affiche sa solidarité envers les salariés de Sevel : « Beaucoup sont des frères, des cousins, des maris, des amis... Et puis parmi les centaines d'intérimaires qui ont déjà perdu leur travail là-bas, il y en a 200 environ qui travaillent depuis peu à nos côtés ».
Autant dire que l'union sacrée est décrêtée derrière la même banderole, « pour l'emploi, le maintien et le développement de Sevelnord et de l'ensemble de la filière automobile » de la région. Jean-Pierre Delannoy sait qu'il n'est jamais facile de mobiliser un samedi, mais plus de 33 000 tracts ont été ventilés dans la région (dont 20 000 dans le Hainaut). Et 32 organisations syndicales du sud du département, issues de 29 entreprises, étaient, mercredi à Valenciennes, pour la réunion préparatoire. Signe déjà d'une forte mobilisation.
Autour de la cause Sevelnord, il faut se faire entendre, mais aussi fédérer « tous les politiques, estime Jean-Pierre Delannoy.
Nul ne pourrait accepter un deuxième traumatisme après Usinor ». Alain Bocquet et Valérie Létard sont attendus cet après-midi en préfecture de Lille, aux côtés des syndicats de l'usine et de leur direction (dont Denis Martin), pour l'installation de la « cellule de suivi et d'anticipation », voulue par le ministère de l'Industrie. « Cellule de suivi, rien qu'à voir le terme, ça sent pas bon », commentaient les responsables CGT.
Même s'ils confiaient « ne pas en attendre grand-chose », ils pèseront, aujourd'hui, chacun des mots du n° 2 de PSA. « On va l'écouter, mais je ne sais pas si on va l'entendre », glissait Ludovic Bouvier, qui se projetait déjà sur l'après 19 novembre : « Il va falloir amplifier le mouvement ».

