AUTOMOBILE
Une centaine de salariés de l'usine Renault-Douai détachés à l'usine SOVAB de Batilly en repartent de toute urgence
vendredi 16.12.2011, 05:13
Combien de salariés détachés à SOVAB Batilly retravailleront en janvier à l'usine Renault-Douai ? PHOTO ARCHIVES SAMI BELLOUMIAdieu la Lorraine et son usine automobile SOVAB (Société de véhicules automobiles de Batilly), à Batilly donc, pour une centaine de Ch'tis. Le plus gros employeur de Meurthe-et-Moselle (2 300 salariés), filiale de Renault, qui assemble le nouveau Master, taille dans ses effectifs.
La compression de personnel correspond à une baisse de la fabrication : 500 Master/jour contre 550 auparavant. De ce fait-là, il renvoie les Nordistes chez eux. Cent à cent vingt personnes sont concernées. À la réouverture de l'usine Georges-Besse, après les vacances (23 décembre-9 janvier), les « détachés » auront regagné leurs pénates. Le coeur gros. « Mon contrat de travail à la SOVAB courait jusqu'au 31 juillet 2012, dit Jacky.
Je n'ai plus d'appartement dans le Nord. Où vais-je aller ? » Jacky n'en dort plus. Il n'est pas le seul. Olivier, 41 ans, un autre « détaché » de Renault-Douai, était à cent lieues de s'imaginer qu'il dirait adieu de sitôt aux avantages inhérents (#4
5#). « Il y a de grandes chances que je ne retourne pas dans mon atelier. » À vrai dire, Olivier ne sait pas où il pointera. « Il y aurait trois solutions, affirme-t-il, reprenant à son compte les propos d'un cadre RH de l'usine Renault-Douai venu à Batilly hier. Soit un retour à Douai. Soit une mission à Flins, mais il n'y a de la place que pour 20 à 30 personnes alors qu'il y a plus de cent demandes. Soit un détachement à l'usine MCA Maubeuge. » Flou artistique. Qui fait bondir le syndicat SUD Renault-Douai. « À qui vont s'adresser ces salariés-là pendant les fêtes ? Il n'y a pas de permanence, ni même de numéro d'urgence prévus. La moindre des choses aurait été de mettre en place une cellule d'accompagnement avec un membre de la DRH, une assistante sociale... », fulmine Lionel Lerèche, secrétaire général SUD Renault-Douai.
Les impécunieux vont retourner leurs poches. Au début du détachement, une prime logement de 1 300 à 2 000 E est versée au salarié. Une sorte d'avance de fonds. À lui de la rembourser à son retour. Même si la direction a pris en compte le problème en offrant au salarié le loisir de la rembourser en trois fois.
Hervé, un habitué des détachements - « c'est mon troisième. Chaque fois, je rencontre des problèmes de paiement » -, n'a pas vu arriver le coup. « On m'a fait signer un contrat SOVAB fin octobre. Je reviens le 9. Pour chômer où ? » Car les « Renault-Douai - Batilly » ne sont pas sans savoir qu'à Douai, il n'y a plus qu'un flux de production sur deux en service. D'où leur inquiétude. Et celle de SUD qui compte bien demander des éclaircissements lors du comité d'entreprise extraordinaire, jeudi prochain.
(1) : Au-delà de leur salaire Renault-Douai, les salariés perçoivent une indemnité journalière de 64 E mensuels bruts les 3 premiers mois, 54 E dès le 4e mois, 45 E dès le 25e mois. À cela s'ajoute un sursalaire de 5 % dès le 7e jour ouvrable jusqu'à la fin du 3e mois, 12 % dès le 4e mois, 23 % dès le 25e mois. Plus une voiture de service, une prestation d'accompagnement pour rechercher un logement temporaire, etc.

