LES VISAGES DE L'ACTUALITÉ
Les ouvriers de l'atelier de la concession douaisienne Renault en colère contre une modification de leurs horaires
mercredi 21.12.2011, 05:12
Hier matin, les ouvriers de l'atelier se sont tourné les pouces.Quasiment pas un ouvrier pour plonger le nez sous le capot de votre voiture, hier matin, dans la concession locale Renault Retail Group (109 salariés), rue de Cambrai, à Douai.
L'immense majorité du personnel de l'atelier (50 personnes) était en grève. Ce qui n'est pas dans les habitudes des ouvriers de la maison. « Le dernier mouvement remonte à 2000 », se souvient Marcel Lemaire, délégué syndical CGT. À l'époque, il était question de rémunération. Là, ce sont les horaires de travail revus qui créent cette agitation. Un bouleversement dans les habitudes par ailleurs assorti de la suppression de trois jours de RTT.
Lors de la dernière réunion de CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), les représentants des salariés ont pris connaissance des modifications entérinées par le directeur, Nicolas Mer. Le samedi matin, l'atelier était ouvert. Seuls des volontaires vidangeaient les autos. Fini. « Ils nous imposent au minimum d'être à trois », commente un gréviste. Pour reprendre des parts de marché aux enseignes de centres autos (Feu Vert, Midas, etc.). Marcel Lemaire l'admet : « Le carnet de commandes de l'atelier n'est pas surchargé. Dans le passé, il pouvait être plein sur trois semaines. » Mais « il n'y a pas de chômage technique en vue. » S'annoncent par contre des modifications dans les habitudes de vie. Jusqu'à présent, le personnel de l'atelier bossait dans l'année quatre semaines à 40 heures. Là, c'est dix semaines qu'ils devront faire. Plus dix semaines à 30 heures, et le reste à 35 heures. « Pour nous, c'est un recul », dit Marcel Lemaire. D'où « ce coup de semonce ».
Occupé ce matin-là dans la concession avec des gens du groupe Renault, Nicolas Mer se contente d'un : « Je souhaite renouer le dialogue social. » C'est aussi le souhait des ouvriers qui, outre ce différend sur les horaires, aimeraient subir moins de pression de la part de leur hiérarchie.
BERTRAND BUSSIERE

