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Mercedes-Benz : le conflit s'achève dans la division
mercredi 08.02.2012, 05:34
Alors que son drapeau flottait encore, la CGT s'était retirée.C'est un conflit qui va laisser des traces. Sur la plateforme logistique de Mercedes-Benz, première entreprise à s'être implantée sur le parc d'activités de l'Aéorodrome-ouest aujourd'hui largement rempli, une grève avait été déclenchée, comme sur d'autres sites du constructeur, mercredi 1er février, avant même la tenue de la troisième réunion sur les négociations annuelles obligatoires (NAO) au siège de Rocquencourt (Yvelines).
Le mouvement s'était durci lundi avec le blocage complet de la plateforme, où travaillent quelque cent soixante personnes et de laquelle plus aucune pièce ne pouvait désormais sortir.
Durcissement qui a été fatal au mouvement. « L'intersyndicale Sud-CFDT-CGT reste soudée », indiquait lundi un communiqué publié par l'UIL Solidaires du Valenciennois. Plus pour longtemps, car la CGT n'était pas favorable à ce blocage du site, redoutant les conséquences de l'assignation en justice que la direction n'a pas manqué dès lors d'intenter. L'unité syndicale s'est brisée hier après-midi. L'ordre est venu du délégué syndical central de la CGT, Michel Soudet : il fallait suspendre la grève. Face à un conflit qui s'éternisait, la CGT ne voulait pas compromettre les négociations à venir, « dans l'intérêt des salariés et quitte à reprendre le mouvement plus tard », indiquait Jean-Pierre Delannoy, responsable régional de l'USTM-CGT. Ce dernier s'en remettait à la conciliation qu'il avait obtenue de la part de la direction départementale du travail, et devant intervenir dans les trois jours.
Le désaccord syndical s'est amplifié lorsque les grévistes, devant l'absence de réponse de la direction, ont pris la décision en milieu d'après-midi d'envahir les locaux. Sud et la CFDT demandaient à ce que les cinq jours de grève soient retenus sur les jours de RTT, ce qui n'avait semble-t-il pas l'aval de cadres et d'administratifs. La CGT suggérait elle que si perte de salaire il devait y avoir, elle soit étalée sur cinq mois. En dernier ressort, Sud - non représenté dans les instances de l'entreprise - a fait une contre-proposition « à 50-50 ». La direction a finalement décidé que les cinq jours seraient décomptés sur trois mois, de mars à mai... qui se double du 13e mois. « Puisque la CGT, majoritaire, ne nous soutient plus, on est bien obligés de suivre », lâchait en fin de journée Frédéric Demarque, représentant de Sud, avec de l'amertume dans la voix.

