USINE RENAULT AU MAROC
À Tanger, l'usine Renault va produire un véhicule « low cost », très proche du Kangoo de MCA
vendredi 10.02.2012, 05:22
Une version «low cost» du Kangoo va sortir de l'usine de Tanger avec un prix moindre qui pourrait séduire du monde. PHOTO « LA VOIX ».Hier, Renault a inauguré le lancement de sa nouvelle usine de Tanger au Maroc. Elle produira, « via » la filiale Dacia, des modèles dits « Entry », le Lodgy, proche du Scénic ; et un utilitaire, également décliné en véhicule particulier, proche du Kangoo, véritable fleuron, doit-on le rappeler, de l'usine MCA de... Maubeuge.
De l'autre côté de la Méditerranée, à Maubeuge justement, la nouvelle inquiète quant à la destination finale de ces produits « low cost » (notamment la part qui sera vendue en Europe de l'ouest et donc en France), mais aussi de leur impact sur la production locale. Et cela d'autant plus que la marque au losange a vraiment mis le paquet avec cette usine marocaine « high tech » dont la production annuelle devrait tourner à 400 000 véhicules pour un staff (une fois au complet) de 6 000 personnes (payées pour la majorité 250 euros/mois). Le prix des véhicules « low cost » qu'elle proposera devrait concurrencer, si l'on prend l'exemple du Kangoo (à plus de 15 000 euros), les prix pratiqués chez les concessionnaires locaux.
Miser sur la recherche
À MCA, le service communication se veut rassurant. On met en avant les projets phares portés par l'usine, comme le véhicule électrique, Kangoo ZE ; et le Mercedes Citan, petit utilitaire compact de Daimler (commercialisé dans la foulée de sa présentation en septembre). Et on explique aussi que les véhicules produits au Maroc ne sont pas destinés au même public, « les clients ne sont pas les mêmes ». Ben si, justement, le risque c'est qu'ils soient les mêmes, ces « clients ».
« Je suis inquiète, mais il faut relativiser, expliquait hier, Christine Marin, député de la 23e. Je comprends qu'ici les personnes qui sont obligées de travailler à la chaîne, et qui voient des boîtes qui ferment comme Lejaby, aient peur ; mais il n'y a pas à désespérer de ce qui peut nous arriver. » La député explique aussi : « Dans la vulgarisation nous ne sommes pas compétitifs. Nous ne pouvons pas produire des véhicules aux mêmes prix, c'est sûr. Il faut chercher autre chose pour faire de l'argent à l'exportation . Cela passe par la compétitivité, la recherche. On ne peut pas se permettre de rester assis en attendant que ça bouge, sinon on crèvera tous. À Maubeuge, nous avons l'électrique, mais il faut déjà penser à autre chose. » En clair, l'important n'est pas d'être copié - car mieux vaut être copié que rien du tout - l'important est d'avoir une longueur d'avance, « être à la pointe ». En espérant que cela suffise.

