Alors que devait s'ouvrir dans l'après-midi le dernier tour de table des négociations salariales annuelles, les salariés de l'équipementier automobile Faurecia d'Hénin-Beaumont ont bloqué hier midi les accès à leur entreprise. Un moyen de faire comprendre à la direction que ses propositions étaient loin de leurs attentes.
À nouveau, aujourd'hui, des débrayages pourraient avoir lieu à l'usine Renault Douai. Pour une question de prime. La direction Renault ne lâche rien (une nouvelle réunion entre les syndicats et la direction est programmée le 16 mars).
Une nouvelle guerre des nerfs est engagée à Faurecia Auchel où, d'après la CGT, la direction du site a rompu hier toutes négociations. Du côté des grévistes, la journée a paru bien longue mais la détermination à poursuivre le mouvement semble intacte.
L'appel à la grève n'a pas été suivi hier et une intersyndicale peine à se créer pour savoir quelle suite donner au mouvement.
Une semaine après la fin de la grève qui a perturbé la production durant deux jours à Bridgestone, la CGT a voulu faire le point. Une bataille est perdue mais pas la guerre pour l'organisation syndicale qui, selon elle, « va laisser des traces au niveau de la motivation ». La CGT appelle les salariés « à montrer leur détermination à l'intérieur de l'entreprise, en ne faisant que leur travail et en arrêtant "d'arranger le jeu" comme ils le font depuis des années ».
Hier matin dans le local CE de Faurecia-Auchel, Christian beurrait les sandwiches, histoire de nourrir les troupes. Il faut dire que certains étaient sur le pied de guerre depuis 3 h.
La crise, qui a frappé l'automobile de plein fouet, est arrivée au moment précis où le groupe Peugeot Citroën avait prévu un nouvel investissement sur son site de Trith-Saint-Léger. Elle aurait pu le stopper net. Il n'en a rien été. L'extension de l'atelier de fabrication des boîtes mécaniques compactes vient d'entrer en production.
Deux assemblées générales étaient prévues à 11 h et à 16 h - une pour l'équipe du matin, une pour celle de l'après-midi - afin de décider de la mobilisation pour une prime de 1 000 E par salarié. Pourtant, dès 5 h 30, en arrivant à l'usine Georges-Besse, beaucoup ont décidé de ne pas travailler.
L'intersyndicale devait décider hier en assemblée générale de la nature de la mobilisation. Elle a été prise de court par plusieurs centaines de salariés qui ont débrayé dès 5 h 30. En jeu : une prime annuelle de 1 000 E par salarié, contre 500 E promis par l'entreprise, et plus de 10 000 E pour les cadres.
Nicolas Guibert, directeur général de Sevelnord, a récemment été élu nouveau président de l'Association régionale de l'industrie automobile. Nous l'avons rencontré pour lui demander des nouvelles de l'industrie automobile régionale, malmenée par la crise.
Les constructeurs nordistes roulent sans visibilité
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