Banques et Assurances

Daniel Bouton, un patron habitué aux crises

mercredi 30.01.2008, 05:56
Daniel Bouton, un patron habitué aux crises Daniel Bouton a déjà été placé en garde à vue. PHOTO AFP

Depuis son arrivée à la présidence du groupe il y a dix ans, Daniel Bouton a traversé plusieurs tempêtes.

« Machine à prendre des décisions » comme il se décrit lui-même, cet homme de 57 ans a suivi le cursus traditionnel des grands commis de l'État (Institut d'études politiques de Paris, École nationale d'administration, inspection des finances).
Avant l'affaire Kerviel, son dernier coup dur remonte à janvier 2002. Il est placé en garde à vue et mis en examen pour « blanchiment aggravé » dans une affaire de trafic présumé de chèques entre la France et Israël. Le procès s'ouvrira le 4 février prochain à Paris.


Issu d'un milieu modeste, ce brillant étudiant - inspecteur des finances à 23 ans, directeur de cabinet d'Alain Juppé, alors ministre délégué au Budget, à 36 ans - a rapidement gagné ses galons de grand patron à partir du moment où il opte, en 1991, pour le monde de l'entreprise en devenant directeur à la présidence de la Société Générale, récemment privatisée.


Alors première banque commerciale française, elle engage des procédures judiciaires contre Crédit Lyonnais, au bord de la faillite, pour contester les plans de sauvetage concoctés par l'État français.
Spécialiste des dossiers ardus, Daniel Bouton s'illustre en 1999 en remportant une bataille boursière contre la BNP, qui voulait créer avec la Société Générale et Paribas une méga-banque à trois. Dans la foulée, il revendique sa stratégie de faire cavalier seul, tout en procédant à plusieurs acquisitions à l'étranger, notamment dans les pays de l'ex-bloc soviétique.


Élu le patron le mieux loti en 2005 par le magazine Capital, en raison d'une plus-value de près de 4,5 millions d'euros réalisée grâce à ses stock-options, Daniel Bouton, également administrateur de Total et Veolia Environnement, ne cache pas ses positions libérales en faveur d'une autorégulation du marché. En 2006, alors que le patriotisme économique est à son plus haut en France, la Société Générale n'a aucun scrupule à conseiller et financer le numéro un mondial de l'acier Mittal Steel dans le cadre de son projet très controversé d'OPA sur son concurrent européen Arcelor.
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