FINANCEMENT
Une semaine sur le microcrédit pour susciter un méga-espoir [VIDÉO]
mardi 03.06.2008, 04:58
Le microcrédit est l'un des seuls outils financiers venu du Sud à avoir été copié par les pays du Nord. En France, ce système d'aide à la création ou à la reprise d'entreprises a été adapté par l'association pour le droit à l'initiative économique (ADIE).
EN VIDÉO : une conseillère de l'ADIE de Lille nous explique comment se passe le premier entretien téléphonique pour un porteur de projet qui souhaite se lancer.
Interview vidéo réalisée par Jacques Cointat
Parfois, quelques milliers d'euros peuvent changer une vie. Le microcrédit aurait transformé celle de 100 millions de personnes depuis sa création dans les années 70. Historiquement, ces emprunts d'un faible montant permettent aux plus démunis de démarrer ou de poursuivre une activité. Ils se sont d'abord développés en Asie, en Afrique et en Amérique latine avant d'arriver dans les pays du Nord. En 2006, l'économiste bangladais Muhammad Yunus, qui a créé en 1976 la Grameen Bank sur ce principe, a reçu le prix Nobel de la paix.
Confiance
Le concept est arrivé en France en 1989, par Maria Nowak, la fondatrice de l'ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique). Depuis, l'organisme a accordé 53 600 microcrédits (dont 9 853 l'année dernière) qui ont permis de créer 8 297 entreprises et 9 956 emplois. Pour 2010, l'association s'est fixé un objectif de 18 000 prêts délivrés.
L'antenne lilloise est la première à s'être installée dans la région. C'était en 1993. Aujourd'hui, 17 personnes travaillent pour l'association. En 2007, 624 prêts ont été accordés (+ 25 %). « Des territoires comme l'Avesnois et le littoral ont explosé », souligne Frabrice Talandier, le directeur régional de l'ADIE.
Oui le microcrédit est de plus en plus connu. Oui la création d'entreprises est dynamique dans le Nord - Pas-de-Calais. Mais Fabrice Talandier explique aussi cet essor par le changement de méthode adopté par l'ADIE l'année dernière : « Notre décision d'octroi d'un prêt est davantage centrée sur la personne. On ne demande plus de dossier. Ça n'exclut pas les personnes qui ont des problèmes d'écriture. Nous faisons confiance au projet, à la personne et au remboursement. D'ailleurs, le taux d'impayés n'a pas augmenté. » Un système d'accompagnement des créateurs a aussi été mis en place, grâce à la collaboration de bénévoles qui mettent à disposition un peu de temps et de compétences.
Dans la région, l'association ne compte pas s'en tenir là. « 2008 est une année de consolidation. Nous prévoyons de délivrer 750 microcrédits cette année et 2 000 en 2010. Nous recevons 2 500 demandes par an. » Créer, c'est bien. Rester, c'est mieux. « À trois ans, 57 % des entreprises sont pérennes et 80 % de nos clients sont réinsérés. Après leur expérience d'entrepreneur, ils ont pu retrouver un emploi. »
> La semaine du microcrédit est organisée dans toute la France du 3 au 7 juin.
Voir le programme lillois ci-dessous.
REPÈRES
La semaine du microcrédit dans la région. - Les actions menées dans le cadre de la quatrième semaine du microcrédit, qui se tiendra du 3 au 7 juin, seront centralisées à Lille, sur la place Richebé.
> Mercredi 4 juin. - De 10 h à 12 h, un atelier sera consacré à l'information sur le bénévolat au sein de l'ADIE. L'après-midi, de 14 h à 16 h, des ateliers organisés avec l'ANPE évoqueront le microcrédit comme outil de la création d'entreprise. Ces ateliers se tiendront dans les locaux de la maison de l'emploi (3, rue Jeanne-Maillotte).
> Jeudi 5 juin. - De 10 h à 12 h, de nouveaux ateliers sur le microcrédit comme levier du retour à l'emploi seront à nouveau mis en place.
> Samedi 7 juin. - Un village associatif sera installé. Des créateurs d'entreprises qui ont bénéficié d'un microcrédit ADIE témoigneront de leur expérience.
> Tous les jours. - De 10 h à 12 h, des sessions de « Speed credit » seront organisées. Des conseillers rencontreront alors des créateurs et s'engageront à leur donner une réponse sur l'accord ou non d'un microcrédit dans les 72 heures.
