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Réorganisation de la Caisse d'épargne : des craintes pour l'emploi
mercredi 20.01.2010, 05:04Hier, au palais de justice de Lille, les syndicats de la Caisse d'épargne jouaient l'union sacrée contre un plan de réorganisation mis en place par leur direction. Les représentants du personnel craignent une menace sur l'emploi.
C'est l'heure du déjeuner et seule la salle des référés du palais de justice de Lille demeure (très) animée. Les organisations syndicales de la Caisse d'épargne Nord France Europe (CENFE) disent enfin au juge Maitreau tout le mal qu'elles pensent d'un plan structurel de réorganisation lancé en juin dernier. Pour le CFTC, la CGT, la CGC, la CFDT, FO, SU-UNSA et SUD, une « menace » rôde. Celle, à terme, de licenciements purs et simples au sein d'une entité regroupant 2 350 salariés.
En 2007, un rapprochement entre les Caisses d'épargne des pays du Hainaut, de Flandre et du Pas-de-Calais donnait naissance à la CENFE. « À l'époque, une rationalisation des services avait été réalisée, souligne un syndicaliste. Les trois sites administratifs de Lille, Valenciennes et Lens devaient être maintenus. Aujourd'hui, on nous ferme Valenciennes et des agences. » À la clef, selon les sources, la suppression de 124 à 126 postes. Hier, les syndicats demandaient la suspension du plan, avant de le contester sur le fond, toujours devant les juges, dans quelques semaines. « La situation financière, qui s'avère très bonne malgré la crise, de la CENFE ne justifie pas un tel plan », résume Pierre-Jean Coquelet, l'avocat des protestataires. Pour qui la donne a également changé, avec la fusion plus récente entre les Caisses d'épargne et les Banques Populaires.
« Il n'y a pas de projet de licenciement de 124 personnes, martèle Bruno Platel, l'avocat de la CENFE. Notre but est d'être là où est le client dans un contexte de concurrence exacerbée. On ferme des agences. On en ouvre ailleurs. » La justice ne peut donc pas, estime Me Platel, « jouer sur la réorganisation d'une entreprise ». D'autant plus qu'« au moins deux reclassements sont proposés par poste supprimé ». Pour la direction de la CENFE, une large partie des très longs débats d'hier est donc « hors sujet ». Décision le 2 février.


