BANQUES
L'Observatoire national de la finance durable vient de naître à Lille
mercredi 14.12.2011, 05:16
Contrôler les banques et la spéculation, les rendre moins dépendantes des marchés financiers... PHOTO ARCHIVES STÉPHANE MORTAGNE.Pour avoir été trop cupides, elles doivent en urgence revoir leur modèle économique. Pour avoir glorifié l'étoile « court-termiste » et le caractère vif-argent des marchés financiers globalisés, les banques doivent changer. Dix-sept économistes pilotés par Skema ont posé les bases à Lille du premier Observatoire français de la finance « durable ». Ouf !
« La banque durable n'est pas la banque idéale, mais elle est une réponse qui s'impose face à la crise financière », plaide Dhafer Saïdane, économiste à l'École supérieure de commerce Skema à Lille. Entendue comme l'ensemble des instruments et des mécanismes de financement du développement durable, la finance durable est aux marchés prédateurs ce que le beau temps est à la pluie : une espérance collective.
Nouveaux indicateurs
Concrètement, Dhafer Saïdane a piloté avec Pascal Grandin, son collègue à Skema, un premier travail de recherche articulé autour des réflexions de dix-sept économistes, dont Michel Aglietta, le plus médiatique, et de Georges Pauget, ancien président du Crédit Agricole, libéré dans ses prises de parole et président de ce nouvel observatoire lancé à l'issue d'un débat à Skema, en collaboration avec la Revue Banque, éditeur de l'ouvrage collectif.
Une première réunion parisienne avait déjà fait foi de l'intérêt des grandes banques françaises à la création d'une première batterie d'indicateurs favorables à une finance qui ne soit plus en roue libre, mais plus proche de l'économie réelle, plus éthique, plus transparente et moins « court-termiste ». « La nouvelle instance réunira des économistes et des banquiers pour mesurer les progrès accomplis », assure Georges Pauget.
L'obligation faite aux banques d'augmenter leurs ratios en fonds propres provoque une contraction brutale de la sphère financière. Fin 2010, Éric Cantona invitait les gens à retirer leur argent des banques et le collectif Sauvons les riches lançait le site changerdebanque.org. Une autre solution est ici promue : engager les banquiers à promouvoir une finance durable alors que 15 à 20 % de leurs revenus sont indépendants du financement de l'économie réelle.
La moitié des transactions mondiales ne sont pas encore régulées, et la sphère financière équivaut à dix fois le PIB mondial, dix fois cette économie réelle.
Et si on changeait tout ?
« La finance durable », sous la direction de Dhafer Saïdane et Pascal Grandin. Éd. Revue Banque, 190 pages, 25 E.

