SÉCURITÉ SOCIALE
Dès janvier, une étape décisive vers la fusion des trois CPAM du Hainaut
dimanche 05.10.2008, 04:54Dans trois mois, les trois caisses primaires du Hainaut n'auront plus qu'une seule équipe de direction. Étape vers la fusion complète des CPAM, qui suscite des craintes. Du côté de la direction de Valenciennes, on promet, au contraire, plus d'efficacité.
PAR TH.TERSCHLUSEN
PHOTO BRUNO FAVA
Une étape, sans doute décisive. Le 1er janvier, les trois caisses primaires de Maubeuge, Cambrai et Valenciennes n'auront plus qu'une seule équipe de direction : neuf personnes réparties sur les trois sites. Les conseils d'administration des trois caisses ont avalisé, à la majorité, ce rapprochement mardi et mercredi derniers.
Il s'agit bien évidemment d'un pas supplémentaire vers la fusion des trois structures, à l'instar de ce que font les chambres de commerce de leur côté. La réflexion a été lancée par la CNAM, tutelle nationale, en 2003. Les caisses, depuis, y travaillent à leur rythme. Mais le rapprochement est bel et bien dans les tuyaux. Dès novembre, elles se répartiront déjà le travail entre elles. À Maubeuge, la gestion des pensions d'invalidité. À Cambrai celle des accidents du travail. À Valenciennes, le suivi des courriels... Une « répartition » assez diplomate pour donner à penser qu'il s'agit aussi, pour l'instant, de ne pas heurter les sensibilités. Le numéro deux de la Sécu, Olivier De Cadeville, est venu en personne dans les trois caisses. Pour rassurer, et même promettre le soutien financier de la CNAM aux investissements que la fusion rendrait nécessaire. Une fusion effective en 2010 ?
Si cette date reste à confirmer, la mécanique elle est bien enclenchée. Elle inquiète. Surtout dans une région de vieille industrie où restructuration rime toujours avec pertes d'emploi. Ou bien perte de qualité de services pour l'usager. Directeur de la caisse de Valenciennes, Charles Serrano s'inscrit en faux. « Nous ne sommes absolument pas dans cette logique. au contraire ». Pour lui, la mutualisation des moyens et l'harmonisation des procédures permettront au contraire d'accroître l'efficacité pour les assurés. Chiffre à la clef : « Nos coûts de gestion interne ne représentent que 51 millions d'euros. Soit 3,2 % seulement en regard du milliard 600 millions d'euros de prestations versées. Ce n'est pas la dessus que nous allons gagner. » La fusion ne vise donc pas les économies d'échelle. Mais la mise en commun de certaines tâches (comme l'achat des fournitures, déjà fusionnée) permettra de redéployer l'effort sur les secteurs clefs. Charles Serrano le promet : pas de fermetures de point d'accueil, au contraire. Le redéploiement, à terme, des personnels pourrait même conduire à en ouvrir en supplément. Il doit aussi permettre de renforcer l'action sur les secteurs clefs de la prévention ou de l'action sanitaire et sociale. Avec des garanties pour le personnel. Pas de licenciements, même si la fusion peut mener à des non-remplacements de départs à la retraite. Pas de mobilité forcée, interdite par un accord national que les trois caisses veulent renforcer par un accord local. Pour rassurer, toujours... À terme, la caisse primaire du Hainaut (le nom reste à trouver) pèserait 966 salariés, 650 000 assurés, en relation avec 3 872 professionnels de santé.




