INDUSTRIE CHIMIQUE
Inquiets, les cégétistes de Faurecia - Auchel montent à nouveau au créneau et interpellent la direction
samedi 14.11.2009, 05:02« Six mois déjà et toujours rien », ont presque envie de dire les représentants cégétistes de Faurecia. Ils sont inquiets pour le devenir du site d'Auchel dont les salariés ont tenu ferme le bras de fer avec la direction en mai.
Résultat : oubliée la fermeture annoncée, un protocole avait été validé par les syndicats (CGT et FO) et la direction. Problème : aujourd'hui, les cégétistes estiment que l'accord n'est pas respecté. Le secrétaire général de la Fédération nationale des industries chimiques CGT, informé de la situation par les délégués locaux, s'est ému de la situation. Le 30 octobre, Jean-Michel Petit s'est fendu d'un courrier à la direction de Faurecia.
Les inquiétudes. La Fédération CGT estime que la direction ne respecte par le protocole, par exemple, « en interdisant aujourd'hui aux salariés de faire valoir leur droit au reclassement sur les sites de Marles ou d'Hénin-Beaumont. En reportant cette disposition en janvier, compte tenu de la période d'essai d'un mois, nous considérons qu'il y a des risques que ceux-ci se retrouvent rapidement licenciés.
Le fait de constituer des stocks importants en ayant un recours massif à l'intérim, nous amène également à nous interroger sur la finalité réelle de cette opération. Ces éléments sont graves et de nature à remettre en cause les fonctionnements même du protocole : traitement social des salariés qui vont se retrouver privés d'emploi, mesures concernant les reclassements, maintien d'activités industrielles du site. Nous tenons également à vous alerter sur le plan de réindustrialisation prévu avec le médiateur de l'État. Où en sommes-nous aujourd'hui ? (...) nous sollicitons une réunion. »
Thérèse Lecocq, représentante locale, confirme le climat tendu sur place. « Il y a un malaise ambiant (...) Lundi, lors du dernier CE, on a appris que 434 personnes étaient toujours considérées en CDI sur le site contre 505 le mois dernier. Or il n'y a que 198 personnes qui y sont effectivement, 140 ont quitté l'entreprise mais sont toujours dans l'attente de leur solde de tout compte. Une petite cinquantaine est à Marles, autant à Hénin. On est loin des 110 minimum annoncés pour Marles. »
Jean-Michel Petit a une théorie : « La direction essaye d'écoeurer les gens pour qu'ils partent de façon volontaire, qu'il n'y ait plus personne pour faire tourner le site comme cela a pourtant été décidé dans l'accord avec 90 emplois Faurecia et 80 emplois pour la réindustrialisation. »
La direction accepte la table ronde. Jeudi, la direction a fait savoir qu'elle acceptait le principe d'une rencontre en sous-préfecture en présence du médiateur de l'État. Pierre Beyer, vice-président des ressources humaines, assure : « Faurecia a la volonté de respecter et d'appliquer les termes de notre protocole d'accord, et d'apporter toutes les réponses à vos interrogations. » La réunion aura lieu vendredi. S'ensuivra une assemblée avec les salariés orchestrée par la CGT. À suivre.

