« Le professeur Bué me dit : "Je viens te voir !"... »
lundi 06.02.2012, 05:12Noël ou pas, décembre semble réussir à Philippe Verwaerde. Tout le monde cherche à trouver le premier médicament « super-block-buster », qui donnera enfin de l'espoir aux personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer - déjà 35 millions de patients de plus de 65 ans touchés par les démences en 2010, des projections à 115 millions en 2050.
En France, plus de 900 000 personnes sont concernées, à peine la moitié suivies médicalement, et une autre moitié de patients ne sont pas diagnostiqués. Quand ils le sont, 33 % seulement sont au stade précoce de la maladie qui rétrécit peu à peu le cerveau, le trouant de toute part.
En ce mois de décembre 2010, le professeur Luc Bué décroche son téléphone. « Il me dit : "Je viens te voir !'' », s'installe chez Philippe Verwaerde, ouvre son ordinateur et montre le résultat de l'impact d'une molécule sur le comportement d'une souris. La maladie d'Alzheimer dont elle souffre ne progresse plus ! Ses neurones ne semblent plus mourir ! Deux ans plus tôt, Philippe Verwaerde avait reçu à Stockholm un courrier sur les travaux du Pr André Delacourte, l'un des pionniers de la recherche sur la maladie, fondateur d'AlzProtect en 2007 avec le Pr Patricia Melnyk...
Deux en un
Leur idée originale permet d'associer les deux champs de recherche sur les deux voies envisagées dans le monde pour vaincre le fléau : la voie Abetta et la voie Tau. André Delacourte était le voisin de palier de Philippe Verwaerde à l'INSERM à Lille. Les deux hommes finissent par se rencontrer et aujourd'hui, le second a pris la direction de la petite entreprise bio-incubée à Eurasanté avec dix salariés, une levée de fonds de 300 000 euros et l'espoir d'en lever 4 millions rapidement grâce au soutien du Clubster Santé, le club d'entreprises du parc Eurasanté, décisif dans les phases d'amorçage, notamment par les mises en contact avec des business angels. Luc Bué est de la partie et on attend cette année la publication des premières études précliniques convaincantes, avant d'envisager un candidat médicament associant Abetta et Tau.

