TRAJECTOIRE PERSONNELLE
Philippe Verwaerde pense très fort à soigner les malades d'Alzheimer
lundi 06.02.2012, 05:12
Non sans humour, il prend la pose du penseur de Rodin, dans son petit labo d'Eurasanté à Lille. PHOTO PHILIPPE PAUCHETC'est la blouse blanche et le costume-cravate sur les mêmes épaules : le docteur lillois en biologie joue gros, très gros, sur l'espoir d'une mise sur le marché d'un médicament contre l'épidémie neurodégénérative qui touche déjà près d'un million de personnes âgées en France. Et si l'étonnant parcours de ce chercheur devenu entrepreneur devait aboutir à une première scientifique mondiale ?
Le petit frisson n'est qu'émotif. Son papa cheminot et sa maman institutrice avaient glissé un petit microscope en plastique dans ses souliers d'enfant. Révélation au pied du sapin ! « J'avais huit ans, c'était un truc de fou furieux ! » Enfin pouvait-il plonger dans l'infiniment petit des protozoaires barbotant dans la petite mare du bout de son jardin ! D'ailleurs, il ne dirait rien à ses parents en envoyant plus tard sa réponse au grand jeu-concours d'un magazine de vulgarisation scientifique. Bon sang de bonsoir, qu'ils seront fiers de le voir récompensé au palais de la Découverte à Paris. Paris !
Résultat capital
S'il va au bout et s'il parvient à lever 4 millions cette année, Philippe Verwaerde pourra accomplir ses premiers tests sur animaux dans les prochains mois, et espérer un médicament dans une douzaine d'années. Ainsi, la start-up qu'il dirige dans deux pièces au bio-incubateur d'Eurasanté serait à l'origine d'un exploit scientifique mondial : maîtriser une maladie qu'on ne peut ni arrêter ni même ralentir aujourd'hui. Oui mais, entre le rêve et la réalité, il y a la recherche et le développement. Oui mais, le chemin parcouru par AlzProtect est déjà spectaculaire, accéléré par les dispositions de cet homme-là, aux manettes depuis trois ans (lire ci-dessous) et à la trajectoire autant soutenue par le travail que par la chance. Bac D en poche, formé au lycée Saint-Paul à Lille, il décroche une récompense dans un concours qui lui offre une année d'études dans l'une des écoles de la Catho. Pour ce « prolo de la promo », ce sera la fac de sciences. Il part dans le New Jersey pour y tâter du monde de la recherche pharmaceutique, découvre l'ivresse du business dans la science, aimerait « faire une découverte, laisser une trace... ». Devient entrepreneur. De retour en France, il file en Auvergne pour apprendre les ficelles du métier, qui l'amène à Vérone, en Italie pour Glaxo, puis à Gand. C'est grand train. La Mercedes de fonction finit par rentrer à la maison, à Neuville-en-Ferrain.
Un jour, on lui parle des neuro-sciences. Des génopoles se dressent partout, l'ADN devient la nouvelle marotte des chercheurs. Il est alors en poste à Stockholm, en Suède, engagé sur les questions cardio-vasculaires. Alzheimer ? C'est le coeur qui parle.

