SANTÉ
L'UFC-Que choisir en guerre contre les « fabriques d'obésité »
dimanche 14.10.2007, 05:54La grande distribution est-elle une « fabrique d'obésité », selon les termes provocateurs de l'UFC-Que Choisir de Lille ? En faisant ses courses dans les hypermarchés du secteur, l'association de consommateurs dénonce la proportion inquiétante de produits alimentaires déséquilibrés mis en avant dans les rayons. Et qui attirent surtout les enfants.
Il y a les céréales au chocolat, les boissons sucrées, les petites brioches fourrées, les barres chocolatées, sans oublier les bonbons et chewing-gums qui nous attendent à la caisse... « Le panier marketing de la grande distribution est un véritable panier de l'obésité ! », constate Robert Bréhon, président de l'UFC-Que Choisir de Lille. « Alors que l'obésité progresse de 5,7 % par an, et touche 12 % des enfants, il est grand temps que la grande distribution assume, à côté de la responsabilité parentale, son rôle dans la prévention de cette pandémie. »
340 à 425 calories
Selon Virginie Teillier, diététicienne, le petit-déjeuner équilibré d'un enfant de 8 ans (une boisson, un produit céréalier et un produit laitier pour le calcium) doit représenter entre 340 et 425 calories. Les brioches ou les pépites au chocolat que l'on avale le matin poussent à plus de 481 calories, et ce sont des sucres rapides, vite brûlés, qui nécessitent un nouveau complément dans la journée.
De quoi alourdir le poids de nos enfants, et celui de nos porte-monnaie (un goûter simple coûte en moyenne entre 0,30 et 0,69 euros, si on y ajoute les petits pains aux fruits et les boissons sucrées, on peut dépasser les 1,50 euros).
L'UFC-Que Choisir a envoyé un courrier à soixante directeurs de grande surface de la région, ainsi qu'à des hommes politiques locaux, Au niveau national, les demandes sont ambitieuses : instaurer une TVA alimentaire (un taux réduit de 2,1 % pour les fruits et légumes, mais de 19,6 % pour les produits riches), relancer la consommation de fruits et légumes, développer des produits moins gras et moins sucrés, et interdire les publicités télévisées pour les produits déséquilibrés.
Mais là, ce sera beaucoup plus difficile : l'industrie agroalimentaire dépense chaque année 1,5 milliard d'euros pour sa communication publicitaire. Deux cents fois plus que le budget de l'Institut national de prévention et d'éducation sanitaire...
> Plus de renseignements sur le site : obesipub.org


