POUVOIR D'ACHAT
Arnaud Mulliez : « Les prix ne pourront plus baisser en 2008 »
jeudi 22.11.2007, 05:53Le président d'Auchan France est en toute première ligne dans le débat actuel sur la relance du pouvoir d'achat alors que les députés ont commencé à discuter hier de la réforme de la loi Galland (lire ci-contre). Les prix de certains produits vont augmenter dès l'année prochaine.
Rencontres officielles avec le chef de l'État, messages aux parlementaires et au gouvernement : Arnaud Mulliez s'exprime pour nous au nom des grands distributeurs engagés dans un bras de fer avec les grands fournisseurs industriels.
- L'Élysée vient, semble-t-il, de donner satisfaction au lobby des grandes marques en ne vous accordant pas la liberté du commerce par la libre négociation des prix avec vos fournisseurs. Comment réagissez-vous ?
« Je suis en colère, évidemment. C'est contre tout bon sens au moment où les consommateurs souhaitent davantage de pouvoir d'achat. Voilà ce qui se passe en réalité : les grands fournisseurs industriels justifient leurs augmentations de prix par la hausse des prix des matières premières. Le camembert d'une grande marque ? + 6 %. L'Actimel par dix ? + 7,5 %. La bière ? Entre 4 et 7,5 %. Pour pouvoir contenir la hausse des prix, nous devons les négocier avec les gros industriels, voilà ce que prévoyait la réforme Chatel de la loi Galland avant d'y renoncer. Je l'ai dit aux députés de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale : si rien ne change, les prix de certains produits augmenteront dès le 1e r janvier 2008. »
- Pourquoi cette hausse des prix ?
« Les Danone, Unilever ou Nestlé vont maintenir leurs prix en nous demandant de faire les efforts. Or nous avons à Auchan déjà baissé les prix de 3,3 % depuis 2005 et nos marges ne sont pas colossales (entre 20 et 25 % en moyenne).
Si nous devons rogner sur nos bénéfices ou sur nos résultats, nous ne pourrons pas investir autant que les années précédentes, faute de fonds propres. La question est posée pour tous les distributeurs. 72 % des frais de mes 120 hypermarchés français concernent le personnel, la grande distribution faisant vivre 700 000 salariés en France.
Mes négociations n'ont pas encore commencé et j'ai 8 000 fournisseurs alimentaires, pour ne parler que d'eux, dont une multitude de PME. Je déplore que ces PME dont nous avons besoin soient pénalisées par le débat actuel. Nous allons bientôt signer une charte d'engagement avec elles, afin de certifier par écrit notre responsabilité. Il est hors de question de ne pas garantir les intérêts des PME. »
RÉAGISSEZ !
D'après vous, les prix dans les grandes surfaces sont-ils trop élevés ?
devousanous@lavoixdunord.fr
