ÉCONOMIE
Le moral des Français au plus bas depuis vingt ans
mercredi 30.01.2008, 05:56On appelle ça le spleen ! Le moral des ménages a poursuivi sa chute en janvier, touchant le plus bas niveau de son histoire, signe du malaise croissant des Français face à la dégradation de la situation économique et de leurs craintes pour leur pouvoir d'achat.
Pour certains économistes, ce pessimisme persistant est de très mauvais augure pour la croissance, soutenue quasi exclusivement ces dernières années par la consommation des ménages.
L'indicateur de confiance des ménages publié par l'INSEE accuse une baisse de quatre points (- 34), soit la septième consécutive (- 21 depuis juin !). Pour Alexander Law, du cabinet Xerfi : « Même en 1993, dernière année de récession en France, on n'avait pas sombré dans une telle sinistrose. Les ménages sentent bien que les mois qui viennent seront particulièrement éprouvants ».
Tous les soldes (différence entre les pourcentages de réponses positives et négatives) qui composent cet indicateur se dégradent mais c'est celui sur les « perspectives d'évolution du niveau de vie en France » qui accuse la chute la plus spectaculaire : 12 points en l'espace d'un mois pour s'établir à - 44, record absolu depuis la création de l'enquête en 1987.
Et encore, l'enquête de l'INSEE s'est achevée le 21 janvier, « jour du décrochage des Bourses européennes » et son plein impact sur la confiance des ménages ne se fera donc sentir que le mois prochain... « La vraie inquiétude des ménages n'est pas tant dans l'inflation, mais plutôt dans la faiblesse durable de la croissance, de l'emploi et des revenus », analyse M. Touati.
Or, la consommation des ménages est le moteur indispensable de la croissance française. Cette année, la croissance devrait osciller entre 1 et 1,6 %, selon les économistes. Loin des prévisions du gouvernement de 2 à 2,5 %... L'optimisme de la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, quant à l'état actuel et futur de l'économie française tranche donc avec la réalité du pays et avec la perception qu'en ont ses habitants.



