SOCIAL
La Redoute : la reprise après une dernière action
mercredi 30.04.2008, 13:54
Les salariés de La Redoute, en grève depuis le 1er avril pour réclamer des hausses de salaires et l'embauche d'intérimaires, ont décidé mercredi matin la reprise du travail, après la signature par trois syndicats d'un accord de fin de conflit...
Propos recueillis mardi après-midi par Julien Licourt
Après quatre semaines de grève, marquée mardi par un revirement d'une partie de l'intersyndicale, les derniers salariés grévistes de La Redoute ont cessé leurs actions. « On a voté la suspension du mouvement. On remettra la pression sur les salaires quand le climat sera là. Il n'y a pas d'échéance. Ce sera dans quelques semaines, dans quelques mois... », explique Fabrice Peeters, délégué CGT (notre photo).
Ce matin, pourtant, près de 130 salariés ont encore mené des actions de grève, bien que SUD, la CFDT et la CFTC aient signé hier le protocole d'accord soumis par la direction de l'entreprise. A l'appel de la CGT et de FO, ils ont donc exprimé leur colère. « Moi je suis motivée, je ne lâcherai pas le morceau. 40 euros d'augmentation, c'est des miettes. On ne s'est pas battus quatre semaines pour cela », insiste Laurence, une employée qui a participé ce matin à l'assemblée générale. Une assemblée générale qui, hier « avait voté de façon très majoritaire à une poursuite du mouvement », rappelle Jean-Christophe Leroy, délégué CGT.
Ce matin, un coup fatal a été donné au mouvement. Après l'épisode, lundi, de la convocation au tribunal de 28 salariés qui tenaient le piquet de grève, on a connu un nouvel épisode judiciaire avec la présence d'un huissier de justice, convoqué afin de s'assurer qu'aucun gréviste par sa présence dans les ateliers ne perturbait l'activité. « En plus de nous interdire de stationner devant accès, le juge nous interdit les actions à l'intérieur de l'entreprise. Or le droit de grève est bien clair sur ce sujet : on a le droit d'y mener des actions. » Ils ont donc arpenté le site de la Martinoire en marchant. Un baroud d'honneur pour ceux qui se sentent frustrés d'avoir été lâchés par une partie des salariés mais qui se disent « contents d'avoir mené une belle bagarre. Il y a eu des avancées. On aurait pu avoir plus. Mais dès que le moment sera venu, on remettra ça. »


