Commerce et Distribution

VENTE À DISTANCE

À la tête de La Redoute, Nicolas Bernard a vécu son baptême de la mode

mercredi 28.05.2008, 04:58
À la tête de La Redoute, Nicolas Bernard a vécu son baptême de la mode PHOTO LA VOIX

La Redoute présentait hier sa collection automne-hiver à Paris. C'était la première pour Nicolas Bernard, récemment arrivé à la tête de l'entreprise roubaisienne de vente à distance. Il évoque les 80 ans de la société et ses perspectives.

Nicolas Bernard : « C'est une chance de fêter nos quatre-vingts ans »

- Cet anniversaire est un cap particulier ?
« Quatre-vingts ans, ce n'est pas une étape mais c'est un moment intéressant à fêter. La Redoute s'est imposée comme une marque créative, innovante, qui a accompagné les femmes depuis 80 ans avec le premier catalogue. C'était notre entrée dans le monde de la vente à distance. »

- Comment résumer 80 ans d'histoire ?
« La Redoute a toujours été dans la création, dans l'innovation. Regardez les premières couvertures du catalogue : elles étaient dessinées, comme l'ensemble du catalogue. Le passage à la photographie a été une évolution majeure. Et si à l'époque on avait une armée de dessinateurs, aujourd'hui on a une armée de Web-designers. »

- À l'ère de l'Internet, quelle est justement la place du catalogue ?
« Le catalogue est un support indispensable, où l'on donne l'atmosphère de la marque. Même si aujourd'hui on fait plus de 50 % de nos ventes par l'Internet, le catalogue reste un outil de contact pour entrer dans les foyers et faire passer le message de la mode. C'est une transformation en continu. En 1995, quand on a lancé le site, on se disait qu'on n'y vendrait jamais de l'habillement. Et si aujourd'hui on me demande si on vendra des vêtements avec le portable, je dirais non ! Mais pourquoi pas ? »

- Pourquoi un lancement de saison, alors que sur l'Internet, les collections se succèdent en continu ?
« Avec l'Internet, on apporte des nouveautés, comme avec les catalogues thématiques, mais le lancement de la saison reste important. Les deux se nourrissent. La Redoute ne serait pas le premier vendeur en ligne s'il n'y avait pas le catalogue. C'est cela la stratégie multicanal. L'évolution de notre métier passera par le renouveau des produits et l'accélération des cycles. »

- Comment suivre pour faire fabriquer ces produits ?
« C'est un atout pour La Redoute d'être dans Redcats. La stratégie que nous avons, c'est mettre nos forces en commun avec des bureaux d'achats à l'intérieur du groupe afin de nous permettre de maîtriser le cycle de production et de l'améliorer. C'est comme cela qu'on est vivants depuis 80 ans : en s'adaptant au marché. Les marques survivent si elles gardent l'innovation et l'écoute du client. Si vous n'avez pas une offre désirable, du point de vue du produit ou de l'offre commerciale et du marketing, vous n'êtes pas digne du XXIe siècle. Il faut donner accès à ces produits au bon moment, au bon prix et à la bonne qualité. La mode aujourd'hui est devenue plus consommable et plus éphémère. Dans le même temps, elle est devenue plus créative. Il y a 80 ans, l'achat besoin, d'un vêtement durable, était le plus important. Aujourd'hui, nous sommes dans l'achat plaisir. Et le multicanal y participe. »

- Quelle est la place du Nord dans la stratégie de La Redoute ?
« S'il y a un attachement régional fort, parce que c'est le berceau de la société, notre volonté est de rayonner à l'international. Notre part de marché est importante et si nous voulons parvenir à une croissance à deux chiffres, il va falloir aller la chercher. Par le Web, mais aussi par le développement européen. Nous avons lancé La Redoute en Russie l'an dernier et nous progressons bien. On n'essaye pas de s'adapter au pays mais on fait rayonner cette création roubaisienne. D'un point de vue logistique, pour donner accès à ce qui plaît, il faut faire simple, rapide. Où faut-il être pour cela ? La Martinoire (le site industriel de La Redoute, à Wattrelos) reste la Martinoire. »

- Quel est votre regard sur le conflit qu'a connu La Redoute ?
« Je dirai juste qu'il faut qu'on soit capable d'écrire encore 80 ans d'histoire de La Redoute. On n'y parviendra qu'avec l'ensemble des salariés. » •

PROPOS RECUEILLIS PAR MARC GROSCLAUDE

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